Reportage
 
Un cheminot basque en grève menacé de licenciement

Laurent Douthe est menacé de radiation par la direction régionale de la SNCF. Les cheminots envisagent de déposer un préavis de grève pour le 4 septembre en soutien à leur camarade. Au niveau hexagonal, onze salariés seraient visés par cette même sanction. Un "management par la peur" pour les représentants syndicaux.

Anaiz Aguirre Olhagaray|21/08/2018 15:06|0 commentaires
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Environ 380 personnes ont applaudi et entonné des chants en soutien à Laurent Douthe ce mardi 21 août. © Isabelle MIQUELESTORENA

Près de 380 personnes ont exprimé leur vive solidarité devant la gare de Bayonne ce mardi matin, et 89% des conducteurs sud-aquitains se sont mis en grève en soutien à leur camarade Laurent Douthe, contrôleur de trains basé à la gare de Bayonne. Vendredi 17 août, le cheminot a reçu une convocation à "un entretien avec radiation des cadres envisagée". La CGT-Cheminots a annoncé qu’elle déposerait un préavis de grève pour le 4 septembre. Au niveau de l’État français, au moins dix autres salariés ont été visés par la même sanction. Une stratégie "par la peur", vécue comme une attaque directe à l’encontre des salariés en lutte.

La direction régionale de la SNCF a condamné Laurent Douthe pour "faits de violence auprès d’une cadre de l’entreprise". Faits qui seraient survenus le 22 juin, lors du méchoui de soutien aux cheminots grévistes organisé par ELB à la gare de Saint-Jean-de-Luz. Une accusation infondée pour le représentant CGT Julien Delion. "On n’est pas des syndicalistes violents. Les cadres ont fait valoir leur ‘accident de travail’ au bout de 14 jours ! Si de tels faits étaient réellement survenus, nous aurions réagi dans les 48 heures, comme c’est la procédure normale". Dans le communiqué envoyé par la CGT-Cheminots le 17 août, J. Delion a indiqué que "les faits reprochés ne sont pas étayés, ne sont pas appuyés de preuves, ne sont pas appuyés de photos ou de quelconques pièces". Pour le syndicaliste, la direction de la SNCF cherche à réprimer les mobilisations collectives, en sanctionnant tout particulièrement les grévistes issus des régions les plus mobilisées.

Au niveau hexagonal, "au moins onze" cheminots sont concernés par la plus haute sanction qui puisse les viser. "L'un de nos camarades a déjà été radié à Nîmes, et d’ici quinze jours un autre, à Rennes, devrait voir valider son licenciement".

Ce mardi 21 août, 89% des conducteurs sud-aquitains se sont mis en grève par solidarité pour leur camarade Laurent Douthe, absent au rassemblement devant la gare de Bayonne en raison d’un arrêt maladie. La CGT-Cheminots a fait savoir qu’elle déposerait un préavis de grève pour le 4 septembre et que ce jour-là, elle appellerait à se rendre à Bordeaux, où Laurent Douthe est convoqué à un entretien disciplinaire.