G7 Blokatu et G7 Ez, deux faces d’une même pièce

Laurent Thieulle, ingénieur écologue et membre de la plateforme G7 Ez, répond aux questions de MEDIABASK. Selon lui, le collectif G7 Blokatu nouvellement créé ne se situe pas en opposition à G7 Ez. Au contraire, il répond “exactement” aux objectifs de la plateforme.

Anaiz Aguirre Olhagaray|10/07/2019 07:00|0 commentaires
G7ez
Le collectif G7 Blokatu prévoit de “perturber” le sommet officiel par des actions de désobéissance civile.

Quel est votre positionnement par rapport au nouveau collectif G7 Blokatu ?

Laurent Thieulle : Ce sont des individus, des personnes qui ont souhaité appuyer sur l’aspect désobéissance civile pendant le G7. C’est une position que nous avions validée au sein de la plateforme et que l’on va appliquer notamment via la zone arc-en-ciel* qu’on organise le 25 août. Cela veut dire que ce groupe répond initialement aux attentes de la plateforme, mais qu'il n’est pas organisé par la plateforme. On n’a pas les moyens d’aller plus loin ni politiquement en interne, ni au niveau de l’organisation. Donc, c’est un groupe d’individus qui a souhaité pouvoir pousser au maximum la démarche de désobéissance civile pendant le G7.

Les deux démarches sont donc complémentaires ?

L.T. : On n’est pas en opposition. Ce qui est certain, c’est que la plateforme GY Ez ne communiquera pas sur les actions de Blokatu. Par contre, tel qu’elles sont présentées par les personnes qui ont organisé ce collectif, elles correspondent exactement aux objectifs de la plateforme qui sont de dénoncer ce G7 inutile et toxique, principalement par des actions de désobéissance civile, pacifistes. Il ne s’agit pas de l’organisation d’une contre-révolution.

Quelles relations la plateforme entretient-elle avec les services de la préfecture ?

L.T. : Ils nous ont imposé des contraintes que l’on estime extrêmement lourdes, et un planning qu’on pense très excessif. On a perdu un temps phénoménal pour trouver ce site [ndlr : l’ancien centre de vacances Nestlé, à Urrugne]. Pour l’instant, on travaille en bonne intelligence avec les services de la préfecture, mais on n’est pas tout à fait sur la même longueur d’onde. Depuis le début, la préfecture souhaite un contre-sommet réussi pour valider le sommet du G7. Nous, on souhaite clairement invalider le G7 ! Et démontrer que ce sommet n’est que du gâchis. Malgré tout, nous voulons travailler au maximum pour pouvoir permettre aux personnes, aux militants qui souhaitent venir à ce contre-sommet de pouvoir nous rejoindre, dans le cadre de ce que l’on propose, c’est-à-dire une organisation avec un camp, des conférences et des actions pacifistes.

Êtes-vous optimiste sur la tenue du contre-sommet ? Comment voyez-vous le dispositif policier, dans le contexte actuel ?

L.T. : Nous ne sommes ni optimistes, ni pessimistes. Le préfet sait pourquoi on organise ce contre-sommet et comment on l’organise. Maintenant, les déclarations faites tant par la préfecture que par les services de l’État, qui parlent de revoir une partie des accords de Schengen pendant le sommet du G7, qui parlent d’envoyer je ne sais combien de milliers de forces de l’ordre pour anticiper d’éventuels problèmes… Forcément, on est assez inquiets. On attend de voir comment tout cela va s’organiser. Il est possible qu’à tout moment, la préfecture finisse par nous retirer l’ensemble des dispositifs qu’on a réussi à négocier depuis le début. Cela s’est déjà passé, notamment à Hambourg.

*Dimanche 25 août à midi, la plateforme G7 Ez appelle à la constitution de la zone "arc-en-ciel" par des rassemblements contre l’interdiction de manifester, dans sept places d’Anglet, Bayonne ou Biarritz (au-delà des zones rouge et bleu).

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