Aitzina Maule joue l’ouverture

La liste menée par Beñat Elkegaray à Mauléon se lance dans une nouvelle aventure électorale avec de nouveaux profils dans le groupe.

Goizeder TABERNA|08/07/2019 07:20|0 commentaires
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Aitzina Maule est composé de personnes engagées dans le milieu associatif de la commune. © Goizeder TABERNA

Déjà il y a cinq ans, Aitzina Maule accueillait des abertzale, écologistes et divers gauche. Pour les élections municipales de 2020, elle veut s’ouvrir encore plus. Et l’ouverture commence dès à présent. Un état d’esprit qui a été dévoilé lors de la présentation de la dynamique, le jeudi 27 juin, à Mauléon.

Ils sont une douzaine à se réunir depuis plusieurs semaines et ils doivent convaincre davantage de personnes à les rejoindre pour arriver à former une liste de 23 personnes. Parmi les nouvelles têtes, se trouve Christophe Arosteguy, militant du Parti socialiste et candidat de liste divers gauche menée par Mathias Davant en 2014. Cette initiative ne se renouvelant pas, d’autres anciens co-listiers pourraient le suivre. Il l’a fait en son nom et non au nom de son parti, mais le choix a de quoi être relevé au regard de l’histoire de ces deux tendances à Mauléon. "On ne va pas mettre une étiquette abertzale. On a un nom basque, on va défendre la langue basque, mais avant tout, on va travailler pour Mauléon. On est surtout divers gauche", explique-t-il.

Construire en priorité des projets au service des Mauléonais, c’est l’objectif affiché par Aitzina Maule pour ce qui sera sa deuxième campagne électorale. "Et ce n’est pas manquer d’ambition que de dire cela", lance Beñat Elkegaray le chef de file et seul conseiller municipal du groupe. Plutôt que de porter des projets "pharaoniques" qui creusent les finances de la commune, ses membres veulent qu’on se sente bien à Mauléon.

Approfondies et budgétisées

Habitat, équipements, formations, qualité de vie, attractivité et tout cela dans un contexte démographique difficile, le groupe a déjà commencé à plancher sur les défis qui l’attendent. Les mois à venir vont servir à affiner les propositions. Ses membres ont voulu s’y prendre suffisamment à l’avance pour élaborer un projet approfondi et budgétisé.

Ils sont tout de même conscients des contraintes. "L’endettement de Mauléon [4 millions d’euros] est très élevé par rapport aux communes de notre taille", relève le chef de file. Pourtant, les investissements seraient en baisse de plus de moitié ces cinq dernières années, passant de 1,2 millions d’euros à 544 000 euros. L’urgence à redresser la situation financière du Châteaux de Libarrenx et l’engagement risqué de la commune concernant le domaine d’Aguerria pour laquelle elle se serait portée caution sur plusieurs emprunts semblent limiter les marges de manœuvre.

Dans la confiance

Comme c'est le cas pendant la campagne, Aitzina Maule souhaite insuffler un esprit de "collégialité", "transparence" et "pédagogie" dans l’exercice des responsabilités aussi, s'il remportait ce scrutin. Il veut travailler en confiance, à Mauléon comme à l’Agglo. "On ne peut pas faire partie de l’exécutif de la Communauté d’agglomération du Pays Basque [comme Michel Etchebest, ndlr.] et une fois en Soule, dire que la côte ne veut rien savoir de nous", estime Elkegaray. Pour sa part, il préfèrerait travailler avec les élus et les techniciens de l’Agglo dans la confiance et non "dans le rapport de force continu".

Bien que Michel Etchebest n’a toujours pas annoncé ses intentions, Aitzina Maule prévient que de cette campagne électorale, il ne veut pas en faire une bataille contre lui. Certes, ses membres ne partagent ni ses priorités ni sa méthode, qui serait plutôt centralisée sur sa personne, mais ils veulent surtout défendre un projet pour leur commune. Fort de l’expérience du mandat en cours, Beñat Elkegaray est confiant quant aux possibilités de remporter la mairie. "On nous connaît plus, on sait comment on fonctionne", affirme-t-il.

Et puis, après deux mandats dans les affaires, l’équipe actuelle serait à bout de souffle, selon lui. Il compte également sur les voix des déçus de l’Union citoyenne de Louis Labadot, elle aussi divers gauche. Cela fait six mois que ce dernier s’est lancé dans la course. En 2014, il est arrivé deuxième dans un second tour disputé avec la liste d’Etchebest et celle d’Elkegaray. Dans une commune où la liste électorale compte 2 264 inscrits pour les municipales, les tendances peuvent vite fluctuer, mais nul ne peut prévoir ce qui se passera dans huit mois.