Ils dénoncent l’arrestation d'Urrutikoetxea

Plusieurs rassemblements ont eu lieu ce jeudi soir au Pays Basque Nord. Les manifestants déplorent l’action des Etats français et espagnol à l’encontre du processus de paix.

Goizeder TABERNA|17/05/2019 06:55|0 commentaires
Guz_rassemblementjosu_baiona_gfauveau-6
EH Bai a rappelé l'ouverture d'une ère nouvelle qu'avait représentée la déclaration d'Arnaga lue il y a un an, au moment de la dissolution d'ETA. © Guillaume FAUVEAU

L’interpellation de Josu Urrutikoetxea est vécue par une partie de la société basque comme une attaque au processus de résolution du conflit. C’est ce qu’ont exprimé près de 160 personnes dans les rassemblements organisés par le mouvement Euskal Herria Bai (EH Bai), jeudi 16 mai.

"Aski da !" (ça suffit, en basque) disait la banderole, "Stop au sabotage du processus de paix". Un message relayé de façon simultanée à Bayonne (80 personnes), Saint-Jean-Pied-de-Port (50 personnes) et Mauléon (30 personnes). L’incompréhension règne parmi les militants abertzale après l’arrestation de cet ancien représentant d’ETA lors de plusieurs phases de négociations, défenseur au sein de l’organisation de l’arrêt de la lutte armée en 2011. "Josu Urrutikoetxea fait partie de ces habitants du Pays Basque qui ont contribué à la mise en place d’une paix durable", considèrent Anita Lopepe et Garbiñe Eraso, les deux représentantes d’EH Bai, à propos de celui qui a prêté sa voix à la dissolution d’ETA, il y a un an. Elles ont dénoncé l’arrestation et ont exigé la libération de l’ancien militant d’ETA.

Ce type d’événement révèle le contraste entre la volonté de la société basque à dépasser le conflit et à construire la paix, selon elles, et l’entêtement des Etats à en finir avec ETA par la répression. "Les deux Etats n’ont pas pris la mesure du nouveau contexte et n’ont pas enclenché les mesures nécessaires au développement du processus de paix souhaité par la majorité de la société du Pays Basque", ont-elles déclaré après une journée rythmée par des déclarations de responsables politiques espagnols se réjouissant du succès de l’opération. Des positions qui se situeraient dans un schéma "gagnants-perdants".

Elles refusent de rentrer dans cette logique et réitèrent leur engagement à poursuivre la voie de la résolution du conflit : "Même si certains souhaitent entraver le processus de paix, nous ne nous résignerons pas". Une volonté qui pourra s’exprimer le 8 juin, comme elles l’ont rappelé, lors de la chaîne humaine organisée à Biarritz par les Artisans de la paix et Bake Bidea.

INFOS ASSOCIÉES