“Mutilés pour l'exemple”, Antoine Boudinet monte au front

Son visage est connu au Pays Basque. Originaire de Bayonne, Antoine Boudinet a perdu une main lors de la manifestation marquant l’acte IV des Gilets jaunes à Bordeaux. Au sein du collectif des “Mutilés pour l’exemple”, Antoine a décidé de demander des comptes à l’Etat.

MEDIABASK|16/05/2019 10:30|0 commentaires
Img_20181219_105529
Antoine Boudinet a porté plainte le 17 décembre contre Christophe Castaner.

Constitué de 19 personnes blessées par des tirs de lanceur de balles de défense (LBD) ou de grenades, le collectif des "Mutilés pour l’exemple" a officiellement été présenté le 28 avril dernier. Il appelle à une manifestation au niveau de l'Hexagone le 26 mai prochain avec l’objectif d’interdire "l’utilisation de ces armes de guerre".

Les images et témoignages d’Antoine et de Lola, deux jeunes Basques victimes d’armes de dissuasion, sont encore dans les mémoires. La colère et la révolte passées, et une fois les plaies plus ou moins pansées, l’heure est à la réaction. Ainsi, une vingtaines de manifestants blessés, dont Antoine Boudinet, ont présenté leur collectif lors d’une conférence de presse. Ils ont choisi de s’appeler les "Mutilés pour l’exemple". Ensemble, ils souhaitent dénoncer le traitement dont ils ont fait l’objet.

Une manifestation

D’après ce collectif, 22 personnes ont perdu un œil depuis le début du mouvement, cinq ont été amputées d’une main. C’est pourquoi, les "Mutilés pour l’exemple" appellent à la grande manifestation de Paris du 26 mai. Ils seront accompagnés par plusieurs associations qui militent elles aussi pour l’interdiction des LBD et des grenades. Début mars, le ministère de l’Intérieur annonçait que 83 enquêtes étaient en cours pour des tirs potentiellement problématiques.

Le collectif n’est pas seul dans son combat contre "l’ultra-violence de la répression". Cette position a été relayée par Amnesty International qui demande l'interdiction de ces armes dites de guerre. Cette ONG vient de publier un rapport sur l’usage de la force dans les manifestations. Jeudi 3 mai, elle a appelé les autorités à suspendre le LBD 40 et à interdire les grenades GLI-F4 et de désencerclement. Selon ce rapport, plus de 2 200 manifestants ont été blessés depuis le début des manifestations.