L’arrestation de l’ancien militant d’ETA interpelle

Artisan du processus de paix, héros de la retraite d’ETA, dirigeant d’une organisation terroriste ou simple justiciable, l'arrestation de Josu Urrutikoetxea suscite des réactions bien diverses.

Goizeder TABERNA|16/05/2019 16:50|0 commentaires
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Vincent Bru fait partie de la délégation impliquée dans les discussions avec le ministère de la justice française. © Bob EDME

L’homme était recherché depuis 2002 et la nouvelle de son arrestation a occupé les unes des médias espagnols durant toute la journée, en pleine période de campagnes électorales, européenne et locales. Son arrestation a permis de marquer le positionnement des acteurs politiques vis-à-vis du processus de paix.

Vincent Bru

Le député de la majorité présidentielle Vincent Bru a mis en avant l’indépendance de la justice et a relevé le fait que cette arrestation est la conséquence d’une procédure judiciaire. "Nul ne peut être mis au-dessus des procédures judiciaires", estime-t-il. Il considère tout de même que cette arrestation "tombe mal", car les discussions avec la Chancellerie sont dans une phase positive. "L’arrestation, c’est une chose, mais cela ne doit pas compromettre les avancées sur la question des détenus basques", a-t-il pointé.

Anaiz Funosas

Au nom du mouvement Bake Bidea, Anaiz Funosas qualifie cette arrestation "d’inacceptable" et serait une "insulte" dans le contexte actuel. "Les Etats français et espagnol n’assument pas de façon responsable, les avancées décisives réalisées ces huit dernières années, sous l’impulsion d’une société civile basque refusant d’être enchaînée au passé". Elle rappelle la tenue de deux événements importants pour donner un nouveau souffle au processus de paix, à Biarritz, les 7 et 8 juin prochains.

Arnaldo Otegi

Le coordinateur général de la coalition abertzale EH bildu, au Pays Basque sud, a dénoncé l’arrestation de Josu Urrutikoetxea comme une "tentative de retourner vers le passé". "Pourquoi maintenant ? Pourquoi dans ce contexte électoral ?" s’est-il demandé. Lors d’une conférence de presse, il a affirmé que "la paix a des ennemis très puissants" qui agiraient selon leur propre calendrier. A côté de cela, il a souligné que "ce pays a choisi le chemin de la paix et de la liberté", et a ajouté : "ils ne vont pas nous éloigner de cette voie".

Jesus Eguiguren

L’ancien président du parti socialiste d’Euskadi s’est dit surpris par l’arrestation de Josu Urrutikoetxea, "héros de la retraite" d’ETA selon ses mots. Il considère qu’il a été une pièce maîtresse du processus qui a mené à la fin d’ETA. "Je pensais qu’on l’avait laissé en paix ou qu’il avait trouvé un refuge sûr", a réagi, au micro de Radio Euskadi, celui qui a participé avec l’ancien militant d’ETA aux négociations de Loiola, en 2006. Il estime que cette arrestation ne va pas avoir de conséquences politiques.

Pedro Sanchez

Le chef du gouvernement espagnol Pedro Sanchez a été le premier à réagir. Il a salué la coopération avec les autorités françaises. "La coopération franco-espagnole démontre à nouveau son efficacité" a-t-il écrit sur les réseaux sociaux.

Iñigo Urkullu

Le président de la Communauté autonome basque s’est dit confiant sur les garanties juridiques dont va bénéficier l’ancien militant d’ETA. Il a exprimé son souhait de voir toutes les affaires encore non résolues, "d’ETA comme d’autres groupes terroristes ou bandes criminelles", jugées.

Solidaires

Les instances parisiennes de l'Union syndicale ont vivement réagi à l'arrestation. "C’est un signal fortement négatif qu’envoient les autorités françaises et espagnoles sur la question des prisonniers et exilés basques alors que la processus de paix s’est mis en œuvre depuis plusieurs années", ont-elles déclaré dans un communiqué.

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