Josu Urrutikoetxea incarcéré

Josu Urrutikoetxea, qui avait lu l’annonce de la disparition d’ETA il y a un an, a été arrêté dans la nuit de mercredi à jeudi. Plusieurs rassemblements ont été organisés à 19 heures pour dénoncer l'interpellation. Il va passer la nuit à la prison de Bonneville avant d'être transféré à Paris demain.

Antton Etxeberri|16/05/2019 08:30|0 commentaires
Josu
Josu Urrutikoetxea a été élu en 1998 au parlement autonome basque . © Gari Garaialde

Il est l'une des deux personnes qui avaient lu le dernier communiqué d'ETA annonçant la disparition du mouvement indépendantiste le 3 mai 2018. La police française en collaboration avec la Garde civile espagnole a arrêté Josu Urrutikoetxea sur la commune de Sallanches, en Haute-Savoie.

Il a été conduit au tribunal de Bonneville dans l'après-midi, avant d'être incarcéré dans la prison de cette même commune. Il sera déféré demain au parquet de Paris où lui sera notifié le mandat d'arrêt décerné à son encontre, informe le parquet de Paris. Arrêté sur la voie publique et placé en rétention dans les locaux de la brigade de gendarmerie, il a été hospitalisé après avoir vu un médecin. En début d'après-midi, il a quitté l'établissement hospitalier de Sallanches et a été reconduit à la gendarmerie.

Le maire de la commune Georges Morand nous a confirmé que l'homme se rendait à l'hôpital au moment de son arrestation, survenue de façon discrète sur le parking du centre hospitalier. D'après le ministre de l'Intérieur espagnol, Fernando Grande-Marlaska, le Basque était accompagné par une personne. Elle aurait été interrogée par les agents de la DGSI et de la Garde civile.

De source judiciaire, il a été interpellé en exécution d'un mandat d'arrêt décerné à son encontre par le tribunal correctionnel de Paris. Le militant d'ETA a été condamné le 1er juin 2017 à la peine de 8 ans de prison du chef de participation à une association de malfaiteurs terroriste, précise-t-elle. La condamnation ayant été prononcée par défaut, en son absence, il a la possibilité de faire opposition et demander à être jugé à nouveau.

Mandats d'arrêt européens

Le ministre de l'Intérieur espagnol Fernando Grande-Marlaska a annoncé, par ailleurs, que la Justice espagnole allait émettre des mandats d'arrêt européens à l'encontre d'Urrutikoetxea. Ce dernier serait impliqué, précise-t-il, dans deux procédures judiciaires.

En réaction à cette opération, Euskal Herria Bai a lancé un appel à la mobilisation et a organisé trois rassemblements ce jeudi soir, à 19 heures, à Bayonne devant la sous-préfecture, à Saint-Jean-Pied-de-Port, devant la mairie et à Mauléon, à la Croix blanche.

Le ministre de l'Intérieur français s'est entretenu sur le sujet avec son homologue espagnol à 13 heures. Jusque-là discret, il a fini par publier un message sur les réseaux sociaux se félicitant de l'efficacité de la coopération franco-espagnole.

Tôt le matin, le ministère de l'Intérieur espagnol a présenté cette interpellation comme la démonstration de "l'engagement dans la lutte contre le terrorisme et dans la réparation de toutes ses victimes". Dans un communiqué, il affirme vouloir poursuivre la recherche d'autres "terroristes en fuite" et maintenir le contact avec les corps de police de différents pays.

Josu Urrutikoetxea a fait partie de différentes délégations lors de tentatives de dialogue. En clandestinité depuis 2002, il avait été condamné par la justice française en 1989 après avoir été arrêté à Bayonne. Après dix années d’incarcération, il avait ensuite été expulsé en Espagne. Il a par la suite été parlementaire basque pour Euskal Herritarrok au Parlement de Gasteiz jusqu’en 2002.

En 2010 et en 2017, il a été condamné à sept et huit ans de prison respectivement. Lors du dernier de ces procès, il a été accusé d’être le “responsable de l’appareil international d’ETA” entre 2011 et 2013. Pendant cette période, il se trouvait en Norvège après qu’ETA ait mis fin à ses activités armées.

Josu Urrutikoetxea a été l'une des deux personnes qui a lu le dernier communiqué d’ETA le 3 mai 2018. A cette occasion, ETA clôturait son parcours et annonçait le démantèlement de toutes ses structures.

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