Climat : Bizi! accuse la Mairie de Biarritz

L'association altermondialiste Bizi! a mené une action pour dénoncer la récente rénovation de l’avenue de la Reine Victoria à Biarritz. L'accusant de ne pas répondre à l’impératif climatique et de faire fi des problèmes de santé publique, les militants ont dénoncé un détournement des fonds du Grenelle de l’environnement.

AINHOA AIZPURU|15/05/2019 10:49|0 commentaires
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Bizi! a bien choisi son jour. L’association altermondialiste a souhaité frapper un grand coup au Pays Basque au lendemain de l’arrivée du projet de la loi mobilités à l’Assemblée Nationale. Dans sa ligne de mire : la Ville de Biarritz, le mauvais élève des mobilités douces et du projet Tram’bus. A travers une action lui donnant en visibilité, Bizi! a voulu dénoncer la récente rénovation de l’avenue de la Reine Victoria. Cette dernière aurait été réalisée à l’encontre du combat contre le dérèglement climatique et en détournant des fonds du Grenelle de l’environnement.

C’est un mercredi pas tout à fait comme les autres dans la cité balnéaire. Vers 10 heures, une dizaine d’activistes de Bizi! se sont déployés sur l'avenue de la Reine Victoria. Brandissant des pancartes, ils ont inscrit des messages à la peinture blanche sur le bitume : "Ici on détourne les fonds du Grenelle de l’environnement". L’avenue a été bloquée quelques minutes, le temps d’une prise de parole. Par la suite, les militants sont repartis dans le calme après avoir appelé les citoyens à participer aux marches pour le climat organisées ce 25 mai au Pays Basque.

A l’approche du sommet international du G7, il n'échappe à personne que la cité balnéaire se refait une beauté. A chaque coin de rue, des travaux et les désagréments qui vont avec. La récente rénovation de l’emblématique avenue de la Reine Victoria en est un exemple. Mais c’est aussi aux yeux de Bizi! "un véritable scandale" reflétant "la vision dépassée et égoïste de la Ville de Biarritz en matière de mobilités".

Les travaux de rénovation paraissent en effet ne pas avoir modifié la nature de l’artère dédiée au tout voiture et sur laquelle les bus rencontreront probablement des difficultés de circulation, notamment en été. On préfère ne pas évoquer la circulation en vélo qui reste quant à elle tout aussi "risquée" et "désagréable". Les activistes de Bizi! dénoncent d’autre part une véritable dégradation du projet Tram’bus que le projet initial faisait arriver jusqu’au centre de la ville.

Des fonds détournés

Mais pour Bizi!, cela va plus loin qu’une simple "démission politique dans le combat contre le dérèglement climatique". L'association parle d'un "vrai souci démocratique et éthique", car selon eux, la rénovation de l’avenue de la Reine Victoria aurait été financée avec des fonds prévus pour le Tram’Bus.

Document de présentation réalisé par le syndicat mixte des transports en commun (SMTC) à l’appui, Bizi! soutient que le projet Tram’bus a bénéficié d’importants fonds provenant du Grenelle de l’environnement : des subventions destinées à financer la transition écologique et notamment les alternatives au tout voiture. Or, ce sont ces dernières qui auraient été utilisées par le maire de la cité balnéaire pour rénover des voies entières ne contribuant en rien ni à l’amélioration de la circulation des bus, ni à celle du vélo. Comble du paradoxe, Michel Veunac était lui même le président du SMTC à l’époque où le syndicat a répondu à l’appel à projet du Grenelle de l’environnement. "Bref, des fonds initialement destinés à la transition écologique sont utilisés à Biarritz pour financer la rénovation d'avenues symboles du tout voiture individuel, qui fait tellement de dégâts pour nos villes, notre santé, notre climat et notre planète" déplorent les activistes.

Bizi! rappelle par ailleurs que le maire Michel Veunac a "osé" porté plainte contre des militants climat qui ont décroché un portrait du président de la République dans sa mairie afin de dénoncer l’inaction climatique du gouvernement français. Et pourtant, de nombreuses communes du Pays Basque violeraient régulièrement le Code de l’environnement et son obligation de mettre en place des itinéraires cyclables à l’occasion de rénovations des voies urbaines. L'association s'indigne et s’interroge : "Dans ce cas, il n'y a jamais de poursuites. Pourquoi ? Que font les préfets, les procureurs ?". Il s'agit selon eux de faits autrement plus graves que le décrochage d'une photo, fut-elle présidentielle, étant donné que cela met en danger la vie même des personnes se déplaçant en vélo.

Mobilisations pour le climat

Prenant pour exemple la démission politique de Michel Veunac sur un sujet pourtant primordial pour la planète, et rappelant qu’un trop grand nombre de décideurs prennent le même chemin, Bizi! appelle la société civile à ne surtout pas lâcher le combat. Selon eux, "la mobilisation citoyenne doit continuer plus que jamais". C’est pourquoi, deux journées internationales se tiendront à nouveau les 24 et 25 mai.

Localement, une grève de la jeunesse pour le climat aura lieu le vendredi 24 mai. Un rendez-vous est prévu à 8h30 devant le lycée René Cassin de Bayonne pour le départ d’une marche. Le soir, à partir de 19 heures, une soirée débat se tiendra au cinéma de l’Atlante autour du film "Grande-Synthe, la ville où tout se joue". Le maire de cette commune en pointe sur les questions d’écologie sera présent pour l’occasion.

Deux marches se dérouleront le samedi 25 mai. La première partira à 15h30 de la mairie de Saint-Jean-Pied-de-Port. Elle sera précédée d’une vélorution qui partira de 13h30 de la mairie d’Ahaxe. La seconde démarrera à 15 heures depuis le tribunal de Bayonne situé au 17 de l’avenue de la Légion Tchèque. Une photo géante de soutien aux six militants climat, jugés le mardi 28 mai à Bourg-en-Bresse, sera réalisée en début de mobilisation. Un appel important signé par de nombreuses personnalités sera lu à la fin de la marche, place Paul-Bert.

Bizi! appelle la société civile à se mobiliser pour les prochaines marches pour le climat. ©Guillaume Fauveau

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