Une trousse de secours pour le département

Palier au manque de médecins et leur vieillissement en zone rurale, tel est l’objectif de la boîte à outils mise en place à l’initiative du Conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques et de l’Agence régionale de santé.

Goizeder TABERNA|13/03/2019 07:25|0 commentaires
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Tous les acteurs du collectif Présence médical 64 ont relevé les avantages à travailler ensemble. © MEDIABASK

Sur les 680 médecins du Pays Basque et du Béarn, plus de 200 ont dépassé les 60 ans. La question de leur renouvellement se pose de façon aigüe. L’Agence régionale de santé (ARS) et le Conseil départemental ont réuni une cinquantaine d’acteurs de la santé pour trouver des solutions. Le résultat de ce travail de plusieurs mois est la boîte à outils appelée "Présence médicale 64" et votée le 14 février dernier au Parlement de Navarre.

Contrairement aux idées reçues, "les jeunes médecins, ce n’est pas l’argent qu’ils recherchent, mais un cadre de vie, un cadre professionnel", constate Charles Pelanne, vice-président du Conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques, à l’issue du diagnostic réalisé avec les partenaires. Entre tous, ils ont mis au point un traitement de fond, résumé dans 13 fiches actions, afin de proposer aux médecins généralistes un projet de vie professionnel et personnel acceptable.

Maitena Chohobigarat a remplacé, il y a trois ans, le médecin parti à la retraite, à Irissarry. Originaire du coin, elle ne s’est pas posé de question lorsque l’occasion s’est présentée. Elle constate tout de même qu’à un moment où il y a de plus en plus de femmes docteures, les conditions de travail peuvent être déterminantes pour prendre la décision. "Si elles souhaitent avoir des enfants, elle prétendent avoir des horaires convenables, un jour de libre sur semaine, ne pas être disponible 24 heures sur 24. Avant, les médecins pouvaient être appelés à 21 heures, ils étaient en permanence de garde", constate-t-elle.

Autour de la table

L’enjeu est d’anticiper le renouvellement des médecins et de trouver des formules adaptées à chaque territoire. Le Département n’a pas de compétence en la matière, mais avec l’ARS, il a su mettre autour de la table tous les acteurs : ordre des médecins, Caisse primaire d’allocations maladie, Mutualité sociale agricole, syndicats, collectivités, futurs médecins. "Chacun avait un bout de la solution. Entre tous, nous avons trouvé 'la' solution", se réjouit Nadine Yalé, la cheffe de projet Présence médicale.

Cette solution, elle, a été testée sur deux territoires béarnais, Lembeye et Garlin pendant plusieurs mois. Le premier est passé de deux médecins généralistes à quatre après l’expérience, et le second va atteindre ce même objectif au cours de l’année 2019. Les conseillers départementaux et l’ARS espèrent maintenant que les territoires s’emparent de cet outil. "On invite les territoires à nous solliciter. Nous les accompagnerons", assure le conseiller départemental.

Mettre en réseau les professionnels de la santé, créer un "guichet unique" sur Internet pour recueillir les informations dont les futurs médecins auraient besoin, promouvoir la formation de maîtres de stage, organiser l’hébergement des stagiaires, accompagner les conjoints dans la recherche d’emploi, ce sont autant de réponses concrètes que le Collectif présence médicale 64 propose ou va pouvoir proposer dans les mois à venir.

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