Gilets roses et jaunes voient rouge

Les assistantes maternelles ont défilé ce samedi 9 mars dans les rues de Bayonne pour dénoncer la baisse de l'allocation chômage d'aide au retour à l'emploi. Des centaines de gilets jaunes solidaires les ont rejointes en soutien et ont dénoncé la "mafiocratie" de l’État.

Xan Idiart|11/03/2019 11:55|0 commentaires
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Des centaines de gilets jaunes ont rejoint les assistantes maternelles ce 9 mars. © Bob Edme

C'est ce qu'on appelle un élan de solidarité. Des centaines de gilets jaunes ont rejoint ce 9 mars les assistantes maternelles mobilisées pour dénoncer la baisse de l'allocation chômage d'aide au retour à l'emploi (ARE). Cette allocation qu'elles reçoivent lorsqu'elle ne s'occupent pas d'enfants et qui pouvait aller jusqu'à 700 euros. "On peut en perdre 350 si la réforme du chômage voulue par le gouvernement va jusqu'au bout", estime Nathalie Veloso, représentante des "gilets roses".

Une perte non négligeable. Les assistantes maternelles sont payées entre trois et quatre euros de l'heure. Leurs horaires peuvent aller jusqu'au double du temps légal par semaine. Cette profession libérale souffre déjà du manque de médecine du travail par exemple.

"C'est normal pour moi d'être là" explique Annie, retraitée. "Je me suis toujours battue contre l'injustice, gilet jaune, rose pour les assistantes maternelles, ou vert pour le climat". Même son de cloche chez Prospère, mobilisé depuis novembre. "Il faut sortir de notre société égoïste et s'entraider. Tous les travailleurs sont dans le viseur de Macron".

Des gardiens de prison applaudis

Une solidarité qui s'affichera également envers les gardiens de prisons en grève tous les jours depuis l'agression de deux des leurs à la prison d'Alençon, il y a une semaine. Des gardiens longuement acclamés au moment où le cortège s'arrête devant les portes de la maison d'arrêt de Bayonne.

Des gardiens qui pourtant détiennent Rita, gilet jaune d'une vingtaine d'années condamnée à six mois de prison pour un tag sur les murs du commissariat. "La France n'est pas une démocratie mais une mafiocratie", scande une femme, après une référence à Alexandre Benala. Gilets jaunes, roses et prisonniers depuis l'enceinte de la maison d'arrêt applaudissent. Certes, ils ne sont plus très nombreux, mais restent toujours en colère.