Reportage
 
Emmanuel Macron annule encore une visite à Biarritz

Malgré l'invitation de la plateforme G7 fan club, le président de la République s'est fait excuser ce 16 février. André Gueta, président de la Chambre de commerce et d’industrie et Pierre Echeverria, représentant des jeunes avec Macron ont quant à eux encensé le sommet d'août prochain devant des centaines de gilets jaunes conquis par ce petit théâtre de rue.

Xan Idiart|18/02/2019 07:35|0 commentaires
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Le faux président de la Chambre de commerce et d'industrie André Gueta voit dans le G7 des retombées économiques pour les entreprises du Pays Basque. © Guillaume Fauveau

Biarritz paraît calme en cette douce après-midi de février. 20°c au thermomètre, les badauds passent et repassent sans se douter de rien. Pourtant, des pétards tonnent au loin. Quelques minutes plus tard, les premiers gilets jaunes font leur apparition place Clémenceau après un défilé dans les rues de la ville. La plupart d'entre eux sont au courant, la plateforme G7 fan club doit s'exprimer ce 16 février à cet endroit même, et certains des manifestants sont très en colère. Car tous ne savent pas qu'une parodie se prépare, et que très bientôt, ce simulacre leur fera un temps oublier leurs problèmes.

Robe rouge, collants et chignon bien accomodé, Charlotte monte sur scène. Le G7 ? "On l'attend avec impatience", certifie-t-elle. Cette membre de la plateforme du fan club se dit honorée par le choix de la ville de Biarritz pour accueillir le sommet des plus grandes puissances mondiales. "Mais sans plus tarder, accueillons notre premier invité de marque, Emmanuel Macron !"

Les huées des gilets jaunes couvrent instantanément la musique de Star Wars, l'empire contre attaque. Pile à ce moment-là, les galeries Lafayette ferme le magasin, alors que le chef de l'Etat se fait attendre. Le temps passe, les organisateurs s'attèlent à chercher le président de la République quand enfin, l'un d'eux prend le micro : "en fait, il s'est fait excuser, il n'est pas là". Soulagement feint dans les rangs des manifestants. Les applaudissements prennent le relai des huées. "Mais nous avons un autre invité", rassure tout de même l'homme sur scène.

Juppé en prison

Un homme sûr de lui et de sa force fait son apparition. Le G7 sera une opportunité pour le Pays Basque, certifie alors André Gueta, président de la Chambre de commerce et d'industrie. La région rayonnera aux quatre coins du monde, et les entreprises locales en sortiront gagnantes. Et de rajouter que lui et les acteurs politiques basques œuvrent "au quotidien, à la grandeur de notre région". L'occasion de rendre hommage à un élu qui vient d'annoncer son départ de Nouvelle-Aquitaine : le maire de Bordeaux et ancien premier ministre. Les "Juppé en prison" fusent dans le public. Une femme se met à jouer n'importe comment de sa flûte à bec, pour signifier sa joie, ou son mécontentement, on ne sait pas trop.

Mais les réactions les plus négatives auront sans nul doute été pour les policiers. Des forces de l'ordre qui pourtant, selon le président des jeunes avec Macron Pierre Echeverria, ont protégé la population "des zadistes et autres hypies sans faire trop de dégâts". Dans la foulée, tous les gilets jaunes scandent le prénom de Lola, jeune étudiante de 18 ans, gravement blessée en décembre par un tir de flash-ball dans la cité balnéaire.

Les gilets jaunes ? Léonie de Courbevoi, épouse de feu le général de Courbevoi grand ami de la famille Alliot-Marie, ne les comprend pas. "Vous n'avez qu'à aller travailler", leur assène-t-elle d'une voix mielleuse, en tailleur blanc et rouge, aux lèvres pimpantes. "Ou alors, vous n'aviez qu'à bien naître". Fin du spectacle. Les manifestants ont le sourire. Les comédiens d'un jour sont chaleureusement applaudis et remerciés. L'objectif est atteint : faire rire d'un événement qui pour eux, est le symbole de la décadence des grandes puissances. D'ici là, ils l'assurent, il y aura d'autres rendez-vous comme celui-là.