Aménagement : la cohésion de demain se dessine aujourd'hui

Pour la première fois, toutes les communes du Pays Basque Nord et celles du Seignanx travaillent sur un Schéma de cohérence territorial. Un document d’aménagement central attendu pour 2024.

Goizeder TABERNA|07/02/2019 15:00|0 commentaires
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Logement, emploi, transports, environnement… les élus travaillent sur ces thèmes qui font le quotidien des administrés. © MEDIABASK

Penser le territoire à 166, c’est le grand chantier du Schéma de cohérence territoriale (Scot). Les élus planchent sur ce document d’aménagement, mère de tous les documents d’urbanisme. Pour que les inégalités entre les 158 communes basques et les huit du Seignanx deviennent complémentarité, cohérence doit s’accorder avec cohésion. Et cela commence par celle des élus. C’est la raison pour laquelle le syndicat mixte du Scot organise des ateliers afin de partager collectivement la réflexion. Le premier d’entre eux s’est déroulé le jeudi 24 janvier à Itxassou.

Ils étaient sept par table, des élus de la côte comme de l’intérieur, de Saint-Martin-de-Seignanx à Alos-Sibas-Abense. Alors que certaines petites communes n’ont toujours pas de document d’urbanisme, pour beaucoup, la démarche est nouvelle. Seulement 60 communes intègrent déjà un des deux Scot en vigueur dans le territoire. "Ce qui fait que 106 communes le découvrent et en attendent beaucoup. Nous devons réfléchir tous ensemble, entre élus du terrain, pour écrire une histoire commune en tenant compte des spécificités de chacun", affirme Marc Bérard, élu de Bidart et président du syndicat mixte du Scot.

La création de la Communauté d’agglomération Pays Basque (CAPB) en 2017 a changé la donne. Dans le territoire qu'elle couvre, les plans locaux d’urbanisme, cartes communales, plan climat et autres programme local de l’habitat... tous passent par elle maintenant. Certains devront sortir du four d’ici 2020, et le Scot est la pâte commune à tous ces documents d’aménagement que les élus devront pétrir, mais surtout respecter.

Juridiquement le Scot s'impose à tous les documents d'aménagement, certes, mais au Pays Basque, les élus ont décidé d'écrire les orientations, une méthode et un calendrier en amont. Une façon d'affirmer la place de chef de file de l'Agglo dans le domaine. Ils ont appelé cela la Charte d'aménagement et de développement durable et ils l'ont votée le 2 février. La démarche a été validée par les services de l'Etat.

Les allers-retours entre les différentes réflexions développées au Pays Basque comme au sud des Landes devront être réguliers, car les calendriers se chevauchent. Au travail officiellement depuis le 13 décembre, les élus du syndicat mixte devront définir un Cadre stratégique partagé, une sorte de feuille de route commune de toutes ces réflexions, d’ici l’été. Il faudra attendre 2024 pour que le document final du Scot voit le jour.

Pour ne perdre personne en route, les responsables du syndicat sont conscients que le diagnostic doit être le plus partagé possible, pour que les orientations adoptées à la fin soient en phase avec les enjeux constatés maintenant. Même si dans le quotidien, les intérêts de certaines activités peuvent prendre le dessus sur d’autres, l’exercice du Scot exige de la hauteur de vue. Les conflits entre le monde paysan et le secteur industriel à l’intérieur ou la prolifération des centres commerciaux sur la côte peuvent être autant de points sensibles.

Limitation de la consommation du foncier

Ce jeudi soir, Marc Bérard annonce les sujets de discussion : population, emploi, enseignement, santé, relation domicile-travail. Pour chacun d’eux, les élus ont des cartes et des chiffres à leur disposition. Avec un budget de 300 000 euros, le Scot s’appuie sur les études de l’Audap, la Safer ou encore l’Etablissement public foncier local. C’est le point de départ de longs échanges à bâtons rompus pour la trentaine d’élus réunis. "Ici, la parole est libre et on ne se mesure pas à la taille du territoire que l’on représente", assure le président.

L’exercice doit tout de même respecter des principes. La limitation de la consommation du foncier, la sanctuarisation des terres agricoles et le renforcement des centres-bourgs sont des incontournables. "Nous devons sortir du trou noir que nous avons construit sur la zone côtière où se concentrent l’habitat, les emplois et les richesses", prévient Bérard. Le maire d’Alos, Jean-Pierre Iriart lui emboîte le pas : "au lieu de faire des 2x2 voies, nous devons rapprocher l’activité économique des habitants". Des orientations importantes pour l’avenir de ce territoire que les élus devront ensuite traduire en actions. D’autant que, quels que soient les résultats aux élections, le scot demeure pendant 15 ans.