Une classe français-gascon à la rescousse de l'école Jules Ferry

Alors que l’Inspection académique envisage la suppression d’un poste à l’école Jules Ferry d’Anglet, l’opposition municipale propose l’ouverture d’une session bilingue français-gascon. Elle en profite pour dénoncer la politique urbaine menée par la majorité.

AINHOA AIZPURU|06/02/2019 10:55|0 commentaires
Ecole-jules-ferry
Ce mardi, le maire d'Anglet a rencontré le directeur de l'établissement et les parents d'élèves.

Alors que l’Inspection académique vient de dévoiler les premières esquisses de la carte scolaire 2019-2020, une menace plane sur l’école Jules Ferry d’Anglet : celle de la fermeture d’une classe en raison d'une baisse des effectifs. Nouveau coup dur pour la ville côtière qui a déjà dû assister à la fermeture de l’école Tivoli en 2016. Pour le groupe municipal d’opposition, "Anglet l’avenir avec vous", la politique urbaine de la majorité est une des raisons de la diminution du nombre d’élèves. Tout en impulsant un nouvel élan dans la construction de logements sociaux, l’opposition propose de saisir cette occasion afin de favoriser la création d’une classe bilingue français-gascon.

Pour Guy Mondorge, chef de file d’"Anglet l’avenir avec vous" et président de l’Académie gasconne, cette fermeture de classe pourrait être l’occasion de pousser à la création une classe bilingue français-gascon. Ce scénario aurait l’avantage de conserver un demi-poste de français, de créer un demi-poste de langue, mais aussi de "rééquilibrer le besoin social" en terme d’enseignement du gascon sur le BAB. "Pourquoi ne pas profiter de la fermeture de cette classe pour concrétiser un projet qui n’a pu aboutir l’année dernière?" s'interroge l’élu. L’expérimentation d’une classe français-gascon permettrait selon lui d’attirer des enfants d’Anglet mais aussi des communes voisines. "Il y a de la place physique puisqu’on supprime une classe et cela permettrait de conserver un demi-poste en français" argumente-t-il.

L’implantation d’une classe bilingue à Anglet est une demande récurrente de la part des milieux gascons. Une seule classe est pour l’instant ouverte et elle se situe à Bidache. Pour Mondorge, la culture gasconne représente bien une réalité sociale et culturelle sur le territoire et en particulier à Anglet. Pour preuve : la Communauté d’agglomération devrait acquérir la compétence langue et culture gasconne lors du conseil communautaire du 16 mai prochain. Pour "Anglet l’avenir avec vous", les choses paraissent tout à fait faisables et ses élus se disent prêts à travailler en ce sens avec le maire de la ville.

Le bon comptage des élèves

Toutefois, Mondorge réfute l’argument de l’Inspection académique sur une baisse des effectifs à Jules Ferry. Il dénonce des dysfonctionnements dans la manière d’effectuer le comptage des élèves : "Anglet souffre actuellement de problèmes récurrents qui se posent dans toutes les écoles de France". Mondorge se réfère à la difficulté rencontrée par les services académiques pour trouver un équilibre entre la création des doubles postes nécessaires dans les zones prioritaires et le maintien des postes dans certains endroits. D’autre part, il revient sur certains paramètres qui fausseraient le comptage : "Douze élèves sont actuellement scolarisés grâce au dispositif ULIS (Unité localisée pour l’inclusion scolaire) à Jules Ferry. Or, pour exemple, eux ne sont pas comptabilisés".

Et sur ce point, le maire d'Anglet est bien d'accord. Claude Olive regrette que la spécificité de cette école, la seule de la ville comportant une classe ULIS, ne soit pas prise en compte. Pour lui, il est "choquant" que l’Education nationale ne prenne pas en compte ces enfants. Alors, il entend bien se battre et indique avoir déjà saisi l’inspecteur d’académie. Cet après-midi, il a écrit au recteur de Bordeaux.

La typologie de l’habitat angloy

De son côté, Mondorge reconnait néanmoins que les chiffres globaux des enfants scolarisés à Anglet sont en baisse. Selon lui, la politique urbanistique menée par Olive depuis 2014 serait l’une des principales raisons de cette diminution. Il revient sur la situation similaire connue par Anglet au début des années 2000 : "Il y avait à l’époque entre 2 400 et 2 500 élèves et les effectifs sont tombés à moins de 2 000 élèves en 2010-2011". Une décroissance selon lui essentiellement liée à la typologie de l’habitat angloy et au vieillissement de la population. "L’une des premières mesures d’urgence à laquelle nous nous sommes attelés quand nous sommes arrivés à la Mairie a été de faire croître le nombre de logements sociaux. De 8,5 %, nous souhaitions atteindre 25 %" continue-t-il. A partir des années 2011, cette politique sociale semble avoir porté ses fruits puisque le nombre d’élèves dans les écoles d’Anglet a recommencé à augmenter.

Mais selon l'élu de l'opposition, la tendance n’a pas tardé à s’inverser : "Depuis 2014, lorsque l’équipe de Claude Olive est arrivée, la dynamique de logements sociaux a baissé, la typologie de la population a changé, et la décroissance a recommencé dans les années 2015". Une baisse qui se traduit aujourd’hui par des menaces de fermeture de classe. Pour l’opposition, c’est une évidence : "Tant qu’on ne crée pas dans une ville une dynamique qui permette d’accueillir des couples avec de jeunes enfants, on a ce risque-là".

Le maire d'Anglet ne l’entend pas de cette oreille : "Venir nous faire un procès d’intention là-dessus est malvenu". Selon lui, il ne s’agit pas d’une relation de cause à effet. Pour exemple, il souhaite rappeler à son opposition la fermeture d’une classe à l’école Evarist Galois alors qu'ils étaient à l'époque à la tête de la Mairie. Claude Olive rappelle par ailleurs qu’un programme immobilier va bientôt sortir de terre, à Choisy, avec des logements sociaux tout près de l’école Jules Ferry.