Claude Olive : “Je m’opposerai à la fermeture du centre de tri d'Anglet”

La fermeture du centre de distribution d'Anglet a été annoncée par l'ensemble des syndicats. Les 26 facteurs seront délocalisés vers les centres de Bayonne et Biarritz à partir de juin. Claude Olive, maire d'Anglet, s'oppose fermement à cette décision et appelle l'ensemble des élus du territoire à se mobiliser pour défendre les services publics.

Iurre BIDEGAIN|04/02/2019 18:00|0 commentaires
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Claude Olive se réunira la semaine prochaine avec les représentants de la direction de la Poste. © Bob EDME

La fermeture du centre de distribution d’Anglet a été annoncée par divers syndicats. Avez-vous des retours de cette décision par la direction de la Poste ?

J’ai vu toute la délégation syndicale qui est totalement unifiée sur le sujet. Ils m’ont expliqué ce qu’elle savait, les tenants et les aboutissants. J’attends de voir la direction la semaine prochaine. Si les dires des syndicats s'avèrent vrais, je m’opposerai à la fermeture du centre de tri pour plusieurs raisons.

Quelles sont ces raisons ?

Ce n’est pas à l’air du temps de fermer des services publics. Je pense qu’Anglet a donné sa part, notamment à Blancpignon où il a fallu prendre des décisions pour sauver le service public et trouver un consensus pour garder ce bureau ouvert. Si quelqu’un a des doutes, aujourd’hui, il suffit d’y aller et voir la fréquentation de ce bureau.

Venir fermer en plein 'débat national' sur la fermeture des services publics, je trouve que c’est mal venu. La deuxième chose qui me paraît malvenue, c’est qu'Anglet est la deuxième ville du Pays Basque et la troisième du département. Je ne vois pas pourquoi on fermerait encore à Anglet une plateforme de tri pour aller dans des locaux à Bayonne ou je ne sais où. Je m’opposerai à cela. S’ils veulent décentraliser, qu’ils trouvent un autre endroit.

Vous venez de l’évoquer. Le contexte est très particulier avec le "grand débat national" à peine lancé…

On lance un grand débat sur la fermeture des services publics. On a annoncé la fermeture du bureau des Aldudes, dans la foulée. Là, on vient nous dire que le centre de tri d’Anglet ferme. A un moment donné, il faut qu’on m’explique. En tout cas, on ne se laissera pas faire.

La direction vous a confirmé cette décision ?

Je la vois mercredi. Cette fermeture va engendrer des changements de circuits des postiers, une désorganisation du travail… Il en est hors de question. On vient de refaire ce bureau de poste entièrement il y a à peine quelques mois, je ne vois pas pourquoi le centre de tri partirait d’Anglet.  On est une ville de 40 000 habitants. Rien que pour ces raisons-là, je ne vois pas pourquoi on devrait encore subir ça.

Avez-vous eu des échos de la part des habitants ?

Bien sûr. Les facteurs parlent. Quand on assimile la fermeture du centre de tri, on assimile derrière la fermeture du bureau de poste. Si on commence à faire cela dans des villes telles que la nôtre, imaginez-vous comment va être traité le monde rural, les petites communes ou les centres-bourg ? Il ne faut pas lâcher et on ne lâchera pas.

Que faire face à des décisions comme celle-ci ?

Il faut que les élus du territoire montrent leur volonté de dire qu’il faut garder les services publics. On ne peut pas être matin, midi et soir à dire ‘c'est vrai, ça ferme partout’. Les gens se mobilisent avec ou sans gilet jaune, peut importe. C’est fini. Il faut s’opposer. C’est à la Poste de se réorganiser. C’est à elle de voir comment elle doit gérer son organisation. En tout cas, aller à coup de fermeture, ce n’est pas possible. Ce n’est plus possible.