Gilets jaunes : c'est reparti pour 2019

Plus d'un millier de “Gilets jaunes” se sont donné rendez-vous ce samedi sur la place de la Liberté, à Bayonne. En cette huitième journée d’action hexagonale, le cortège s’est mis en marche dans une ambiance festive dès 14h30.

AINHOA AIZPURU|06/01/2019 15:00|0 commentaires
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La manifestation s'est déroulée sans incident. ©IMIQUELESTORENA

Malgré le froid, les "Gilets jaunes" du Pays Basque ont montré qu’il faudra compter avec eux en 2019. Toutes générations confondues, ils étaient plus d'un millier, ce samedi après-midi, à manifester dans les rues de Bayonne pour dénoncer les taxations, les violences policières et les injustices sociales.

Il est près de 14 heures, la place est déjà presque bondée devant la mairie de Bayonne. Sous un ciel bleu et malgré une température avoisinant les 8 degrés, hommes et femmes, venus entre amis ou en famille, se sont donnés rendez-vous. S’ils sont venus si nombreux, c’est pour confirmer que le mouvement des "Gilets jaunes" connaitra bien une suite en 2019. Pour certains, leur présence est à considérer comme une réponse directe aux vœux d’Emmanuel Macron diffusés le 31 décembre dernier. Le mouvement connait son huitième acte ce samedi et les participants souhaitent ainsi relancer la mobilisation qui a connu une baisse durant les fêtes de fin d’année.

Sur la place, entre les drapeaux basques et français, les pancartes résument les principales revendications des "Gilets jaunes" : baisse significative de toutes les taxes et impôts sur les produits de première nécessité, fin des violences policières, mise en place d’un référendum d’initiative citoyenne, justice sociale, croissance verte, maintien des services publics, lutte contre la désinformation. Une large banderole ouvre le cortège et invite à "passer du côté fluo de la force".

Vers 14h30, et après une courte prise de parole indiquant le parcours à suivre, défini en concertation avec les forces de sécurité, le cortège s’ébranle enfin au son du Chant des partisans. Dans une ambiance bon enfant, les participants échangent les uns avec les autres tout en se dirigeant vers la permanence de la députée des Pyrénées-Atlantiques, Florence Lasserre-David. Le cortège y marquera une pause avant de poursuivre son parcours jusqu’à la sous-préfecture.

"L'arrogance de Macron"

Parmi les participants, Jean-Baptiste, entouré de sa famille, nous explique les raisons de sa présence : "Je suis ici car je souhaiterais que les retraites et les salaires soient indexés sur l’inflation". Ce retraité de chez Dassault regrette néanmoins que le RIC (référendum d’initiative citoyenne) soit devenu la principale revendication du mouvement. Pour lui, la revendication principale devrait être axée autour des salaires et du partage équitable des richesses. Ce Bayonnais pointe par ailleurs "l’arrogance de Macron" face aux "Gilets jaunes" : "il a beau être jeune, le président doit comprendre qu’il doit parler aux gens différemment". A quelques mètres de là, André, lui aussi retraité de l’aéronautique, évoque pour sa part la perte du pouvoir d’achat des retraités.

Maitena, étudiante à l’université de Bayonne, est au cœur du cortège. Elle raconte que quand ses parents étaient jeunes, on pouvait "vivre avec le smic", "se loger et se nourrir convenablement". Actuellement, la jeune fille appréhende sérieusement l’avenir. "Tout est devenu si cher".

Un peu plus loin, Simon indique qu'il a rejoint le mouvement en cours de route. Ce jeune entrepreneur artisan affirme se retrouver dans la charte des revendications officielles des "Gilets jaunes". Il cite en particulier la justice fiscale et un meilleur partage des richesses. "De grandes entreprises ne paient quasiment pas d’impôts alors qu’un artisan ou une PME paie entre 20 et 30% de taxes". Pour lui, ces inégalités ne sont ni cohérentes ni justes.