Les élus du Pays Basque se mobilisent en vue de la manifestation du 12 janvier

De nombreux élus du Pays Basque Nord se sont réunis à Bayonne, ce samedi, lors d'une conférence de presse. Ils ont rejoint l'appel lancé par les Artisans de la Paix pour la mobilisation du 12 janvier à Bayonne.

AINHOA AIZPURU|05/01/2019 18:10|0 commentaires
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Les élus souhaitent aujourd'hui en finir avec la situation de blocage avec le gouvernement français. ©IMiquelestorena

Ce samedi 5 janvier, pas un siège n'est resté libre dans la salle de la Maison des associations de Bayonne. Plus de 70 élus et anciens élus du Pays Basque se sont réunis pour une conférence de presse. Ils ont souhaité montrer leur soutien à la mobilisation appelée par les Artisans de la Paix, le 12 janvier prochain, à Bayonne.

Treize mois après la dernière manifestation pour les droits des prisonniers à Paris, les élus se sont à nouveau réunis. Anaiz Funosas, présidente de Bake Bidea, a signalé que contrairement à la manifestation de décembre 2017 à Paris, le mouvement civil n'a pas cherché à “aller à la pêche aux signatures”. Par manque de temps mais aussi car il estime qu'une fois une adhésion donnée, il s'agit avant tout d'un engagement qu'il n'est pas nécessaire de renouveler.

Lucien Betbeder, maire de Mendionde et président du Biltzar, a lu l'appel du 12 janvier 2019 auquel se sont déjà joints près de 150 élus de tous bords politiques. Alice Leiciagueçahar, conseillère régionale, a fait de même en langue basque. Ce manifeste souligne les avancées historiques des deux dernières années : le désarmement effectif d'ETA le 8 avril 2017 et sa dissolution le 4 mai 2018. Parallèlement, un espace de dialogue s'est ouvert avec le ministère de la Justice en octobre 2017. Ce dernier a abouti aux premiers résultats : en 2018, 25 prisonniers ont pu être rapprochés et 22 statut DPS (détenu particulièrement signalé) ont pû être levés sur 36.

Le manifeste en appelle une nouvelle fois au gouvernement français lui demandant l'application du droit commun. Le 9 décembre 2017, des milliers de personnes ont défilé dans les rues de Paris en réponse à l'appel des Artisans de la Paix. Comme à cette occasion, les élus signataires se joignent une nouvelle fois à l'appel lancé pour la mobilisation du 12 janvier à Bayonne.

La conseillère régionale, Emilie Dutoya, et le conseiller municipal d'Hendaye, Iker Elizalde, ont rappelé le détail des mobilisations du 12 janvier qui se tiendront simultanément à Bilbo et à Bayonne. Samedi prochain, les participants partiront à 17 heures de la place de la République, dans le quartier Saint-Esprit à Bayonne, pour rejoindre le Petit Bayonne. Sans renier les blessures du passé mais souhaitant construire un avenir serein et apaisé pour le Pays Basque, ils en appelleront au gouvernement français afin de rétablir les bases du dialogue engagé en octobre 2017 mais à ce jour suspendu. Un dialogue nécessaire pour la mise en place d'un processus de paix solide et durable en Pays Basque, qui prenne en compte la situation des prisonniers mais reconnaisse aussi la souffrance de toutes les victimes.

Des prises de parole

Le président de la Communauté d'agglomération Pays Basque et maire de Bayonne, Jean-René Etchegaray, a invité les élus qui le souhaitaient à prendre la parole. Parmi eux, Kotte Ecenarro, maire d'Hendaye, a évoqué sa condition de fils d'exilé républicain espagnol pour appeler à la fin d'un conflit qui "dure depuis déjà trop longtemps". Il a également fait référence au 80ème anniversaire de la fin de la guerre civile espagnole en espérant que “les plaies qui sont toujours purulentes se referment enfin”.

De son côté Daniel Olçomendy, maire d'Ostabat-Asme, a souligné que le peuple basque veut la paix. "La France étant le pays des droits de l'homme, elle ne peut pas consentir à ce qu'il y ait des traitements d'exception pour certains prisonniers".

Francis Gonzalez, maire de Boucau, a commenté : "une page est tournée mais le livre reste ouvert" faisant référence au travail restant à accomplir.

Le maire d'Ustaritz, Bruno Carrère, a souligné que "la diversité politique des élus présents prouve qu'il y a bien une attente dans la société basque".

Andrée Etcheverria, maire d'Ossas-Suhare, a mis en avant sa condition de souletine et de femme. Elle a rappelé la situation des dix femmes prisonnières dont aucune n'a encore bénéficié d'un rapprochement. Elle a par ailleurs dénoncé "le manque d'une structure spécifique" pour elles et a signalé que ces dernières souffrent de ce fait d' "une double-peine".

Jean-François Irigoyen, maire de Saint-Jean-de-Luz, a évoqué que le conflit fait partie de sa vie depuis son enfance. Après une pensée pour toutes les victimes, il a rappelé que même si les prisonniers le sont bien pour une raison, "cela ne leur enlève en aucun cas leurs droits".

Jean-Baptiste Laborde, maire de Sare, a demandé à ce "que le chemin de souffrances soit le plus court possible". Il a rappelé l'importance de la mobilisation au niveau local et inciter un maximum de personnes à participer à la mobilisation du 12 janvier.

Martine Bisauta, adjointe au maire de Bayonne, a évoqué les grandes avancées depuis la conférence d'Aiete. En plus d'évoquer, elle aussi, le désir de paix de la société basque, elle a fini son intervention par un appel à "la responsabilité de ceux qui nous gouvernent".

Alain Iriart, maire de Saint-Pierre-d'Irube, a espéré que les élus "ne se retrouveront pas à cette table l'année prochaine", un signe que des progrès auront été réalisés.

Le maire de Biarritz, Michel Veunac, a déclaré : "les chemins de la paix sont toujours plus difficiles que ceux de la guerre". Il a appelé à ce que les prisonniers et leurs familles puissent bénéficier d'un traitement humain.

Pour conclure, Jean-René Etchegaray a regretté l'accident dont a été victime la famille d'un prisonnier basque, le 1er janvier dernier, en allant le visiter. Il a rappelé que la Communauté d'agglomération Pays Basque est solidaire du processus de résolution du conflit. Comme preuve, entre deux tiers et trois quarts des élus du Pays Basque Nord soutiennent la mobilisation du 12 janvier.