Quand la fête déborde sur le premier de l’an

A Saint-Jean-Pied-de-Port, le 1er janvier est devenu un jour de fête. Les bestazale des environs, parfois venus de loin, se sont passés le mot.

Goizeder TABERNA|02/01/2019 07:30|0 commentaires
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L'apéritif se prolonge jusqu'en fin d'après-midi pour certains. © Isabelle MIQUELESTORENA

Les bagages sur le dos, elles dévalent la rue D’Huart de Saint-Jean-Pied-Port. Elles sont pressées, non seulement elles ont réservé le restaurant mais en plus il fait froid. Agées de 23 à 25 ans, elles se connaissent du hand. Elles viennent de Tardets pour fêter le nouvel an, ou plutôt, le premier jour de l’an. Depuis quelques années, les célébrations du 1er janvier connaissent une grande affluence au bord de la Nive.

"Je me souviens, ça avait commencé il y a trois ou quatre ans…", disent tous. A part le bouche à oreille, personne n’explique cet engouement. Sauf la coïncidence du calendrier : en 2016 le premier jour de l’année est tombé un vendredi. C’est un phénomène que seule la capitale bas-navarraise connaît dans les alentours et, de la Madeleine à La Rhune en passant par l’Ursuya, le mot est passé. Certaines années, des bus déposent même des bestazale venus du Béarn.

Pendant que leurs aînés dégustent le menu des fêtes, les jeunes vont de bar en bar. © Isabelle MIQUELESTORENA

Ce midi, le thermomètre affiche cinq degrés. Les premiers arrivés se réfugient dans les bars saint-jeannais. De Garazi, Saint-Palais ou Mauléon, les jeunes bestazale ont toujours aimé s’y retrouver pour finir le réveillon du 31. Depuis que la fête s’est synchronisée avec le soleil, le pont qui mène à la mairie voit défiler toutes les générations. Un groupe de cinquantenaires d’Itxassou passe. Avant ils venaient surveiller leurs enfants, "bientôt, c’est eux qui viendront nous chercher !", rigolent-ils. D’autres groupes iront au gaztetxe.

Le premier jour de l'an se fête entre amis. © Isabelle MIQUELESTORENA

Cette année, il semblerait qu’il y a un peu moins de monde que les précédentes. Cela se passe au gré des envies et des SMS, alors il n’y a pas de règle. Pour beaucoup, la fête a commencé la veille. Bretelles accrochées à la ceinture, le dernier bouton de la chemise fermé, un groupe d’amis en tenue de joueur de poker revient d’Iruñea, ils ont quelques difficultés à communiquer avec ceux qui ont pu dormir quelques heures avant de venir. Les handballeuses de Tardets, elles, ont préféré jouer la première mi-temps dimanche, à Donostia, pour être en canne aujourd’hui. La fête risque de se terminer tard.

Repas en continu

Un DJ anime la soirée Chez Luis, mais en général, ce sont les bestazale qui donnent le la, comme au Relais de la Nive, où les chants recouvrent la sono. Xabi Aguer, le patron du Café de la Paix, affirme que "c’est comme un cinquième jour des fêtes pour nous". A quelque chose près… "Pour les fêtes, on se casse la tête pour faire venir des groupes, organiser des choses… et là, ça se remplit tout seul", s’étonne encore Yves Olharan de Garatenia. "C’est vrai qu’ici on peut faire la fête à un prix raisonnable et la disposition des bars fait que c’est agréable pour le poteo", explique-t-il. Comme ses confrères, il sert le repas en continu jusqu’en début de soirée.

Aucune ville du Pays Basque Nord ne célèbre le premier jour de l'an comme à Saint-Jean-Pied-de-Port. © Isabelle MIQUELESTORENA

Nicolas sirote sa bière sur une terrasse. Il fait éclater les quelques fusées qui lui restent. Demain ce garaztar devra remettre son bleu de travail et il lui tarde la prochaine fois que le 1er janvier tombera un vendredi. Il pourra le faire dans deux ans, en 2021… si d'ici-là la mode n’a pas changé.