Cinq artisans de la paix devant le tribunal correctionnel de Paris

Graxi Etchebehere, Terexa Lekunberri, Jef Mateo, Iñaki Reta et Xabier Goienetxea, arrêtés à Ossès en juillet 2015, sont appelés à comparaître devant le tribunal correctionnel de Paris les 17, 18 et 19 décembre prochains.

Iurre BIDEGAIN|07/12/2018 06:50|0 commentaires
Guz_eta_osses_bobedme104
Grazi Etchebere avait été placée en garde à vue le 9 juillet 2015.

"J'ai aidé une organisation qui souhaite se désarmer. Je n'ai aucun regret". L’image de Graxi Etchebehere habillée en blanc et rouge de retour des fêtes de San Fermin avant d'être arrêtée en ce mois de juillet 2015 est restée dans les mémoires. Iñaki Reta et Xabier Goienetxea, hébergés chez elle, avaient été arrêtés le 7 juillet au domicile de Terexa Lekunberri et Jef Mateo. I. Reta et X. Goienetxea ont été incarcérés et les trois habitants d’Ossès remis en liberté sous contrôle judiciaire. Trois ans et demi après, le procès des cinq Basques aura lieu les 17, 18 et 19 décembre au tribunal correctionnel de Paris, comme l'a annoncé dans un communiqué le Collectif des anciens prisonniers du Pays Basque Nord.

Des centaines de personnes s’étaient mobilisées toute la nuit, le temps de cette opération policière qui avait rompu la tranquillité du village bas-navarrais. Au moment les policiers perquisitionnaient la maison de Jef Mateo et Terexa Lekunberri, les manifestants s'étaient rassemblés au rythme des accordéons et chants basques, jusque tard dans la nuit. Les policiers cagoulés avaient dû utiliser des flash-balls pour disperser les manifestants, mobilisés pour dénoncer une atteinte au processus de paix au Pays Basque.

Un processus qui a évolué depuis. Un chemin sur lequel la société civile a su s’engager "en assumant ses responsabilités". Ce procès est le premier depuis la disparition d'ETA, en mai dernier. Trois autres devraient suivre les prochains mois, et tous les prévenus ont un point en commun, celui d'avoir aidé ou agi en faveur du désarmement d'ETA.

Le Collectif des anciens prisonniers du Pays Basque Nord ont exprimé leur solidarité envers les cinq Basques appelés devant la Justice française le 17 décembre, et demande que cette dernière prenne en compte le nouveau contexte politique et "en conséquence procède à l’arrêt immédiat de la stratégie répressive".