La qualité des eaux à la merci des caprices du ciel

Après un début de saison difficile du fait de pluies intenses, le bilan de la qualité des eaux de baignade est plutôt positif. La durée d’ouverture des plages sur l’ensemble de la saison a été de 91%.

Goizeder TABERNA|10/10/2018 11:15|0 commentaires
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Le problème de la propreté de l'eau vient de la zone rétrolittorale, d'après l'élu bidartar Marc Bérart. © Nahia GARAT

Il protège le baigneur, mais rappelle combien la mer est exposée aux méfaits de l’activité humaine. Le drapeau rouge flottant au bord de l’eau les jours de pollution rassure et inquiète à la fois. C’est un peu le sentiment des élus confrontés au défi de la qualité des eaux de baignade. Cet été, la durée de fermeture des plages a été de 8,4% (6,5% en 2017). Le chiffre a de quoi satisfaire les maires, mais les épisodes pluvieux très intenses de cette année rappellent que le changement climatique engendrera des phénomènes difficilement prévisibles.

Entre juin et septembre, il est tombé 450 mm d’eau dans les villes côtières. La saison estivale a été marquée par des pluies intenses en début de saison. 85% des fermetures préventives ont lieu en juin et juillet lors des fortes précipitations, indique la Communauté d’agglomération Pays Basque, compétente en terme de qualité des eaux de baignade. Malgré les efforts réalisés, "on ne pourra jamais avoir des installations à la taille des événements", reconnaît Emmanuel Alzuri, vice-président en charge des eaux et du littoral de l’Agglomération.

Les facteurs de pollution varient au gré des courants, de l’état du réseau d’assainissement et des conditions météorologiques. Par temps sec, les réseaux d’assainissement sont contrôlés, mais lors d’épisodes de pluies de forte intensité, les systèmes situés en amont des stations d’épuration ne peuvent pas tout absorber et les cours d’eau côtiers débordent.

Ces dernières années, les élus travaillent avec des données de Météo France actualisées. Bassins de stockage des Sables d’Or à Anglet, celui des Thermes Salins à Biarritz, "depuis 2014, la Communauté Pays Basque a pu réaliser les équipements en fonction [de ces] données", précisent les élus concernés. En tout, 100 millions d’euros ont été investis dans les différentes étapes du cycle de l’eau.

Etalement urbain

Il reste tout de même du travail à faire. Les assainissements autonomes qui ne fonctionnent pas convenablement, l’étalement urbain rendant plus difficile l’assainissement collectif... Marc Bérard, premier adjoint au maire de Bidart et membre de la commission locale des eaux, cible plusieurs fronts. "Quand on travaille la centralité, nous sommes plus efficaces", insiste-t-il.

Il devra travailler sur cette question dans sa propre ville, car d’ici 2021, la station d’épuration arrivera à saturation. Un dilemme pour Bidart qui doit remplir les exigences en logement sociaux de la loi SRU et sera amené à accueillir de nouveaux habitants dans les années à venir. Un phénomène qui concerne quasiment l'ensemble du Labourd.

La municipalité a tout de même un argument de taille pour persuader les communes voisines : "lorsque nous avons tenté de convaincre les communes du versant de l’intérêt d’une station d’épuration, en 2009, nous avons travaillé sur l’impact économique de la fermeture des plages", explique Marc Bérard. La fermeture de la plage de l’Uhabia pendant une saison pouvait engendrer à l’époque une perte de 18 millions d’euros, alors que la station a coûté 20 millions d’euros.

Les élus ont mis en avant les efforts réalisés dans les installations en amont et dans le contrôle de la qualité des eaux de baignade. En revanche, l’analyse de la pollution chimique est un domaine vierge d’initiatives. La loi ne l’exige toujours pas.