Zinemaldia, et après ?

Gastibeltza Filmak fait un bilan positif de sa première participation au festival international du film de Donostia. Deux coproductions y ont été présentées : “Gure Oroitzapenak” et “Jainkoak ez dit barkatzen”. Pour la productrice Katti Pochelu et le cinéaste Josu Martinez, au-delà des paillettes et du glamour de Zinemaldia, le cinéma basque doit être présent toute l’année.

Anaiz Aguirre Olhagaray|08/10/2018 18:37|0 commentaires
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Le film collectif "Gure Oroitzapenak", créé par 12 réalisateurs, reflète l’univers de l’écrivain Joseba Sarrionandia, porté à l’écran pour la première fois. © Gastibeltza Filmak

Zinemaldia est comme un mirage, une illusion. "Pendant une semaine, on se sent important, les salles se remplissent, la couverture médiatique est très importante. Arrive le lundi, et plus personne ne s’intéresse à vous", commente Josu Martinez, jeune réalisateur habitué du prestigieux festival, et qui a présenté cette année un documentaire et deux courts-métrages coproduits par la société senpertar Gastibeltza Filmak. Katti Pochelu fait un bilan positif de cette première édition en tant que productrice, mais partage elle aussi le même constat que son collègue : tout l’enjeu est d’éveiller la curiosité des spectateurs, pour qu’au-delà de cette éphémère célébrité, les films basques trouvent leur public. Et ce, tout au long de l’année.

"Malgré tout, être sélectionné à Zinemaldia est un immense cadeau et je remercie le festival parce qu’un vrai pari a été fait pour impulser le cinéma basque", reconnaît Josu Martinez. "Zinemaldia est une formidable plateforme, dont il faut sortir renforcé. Car le festival ne garantit pas le succès du film" dit-il.

Cette année, dans la section Zinemira consacrée au cinéma basque, 20 films ont été sélectionnés, donnant une impression d’apogée de la filière. "C’est une perception fausse. Je ne crois pas qu’on puisse parler d’essor du cinéma basque. En dehors du festival, ces films ne rencontrent pas de public. Et d’ailleurs, ce sont souvent des coproductions, avec une part basque d’à peine 40% pour certains". Pour J. Martinez, la diffusion du cinéma basque ne doit plus être de l’ordre de l’exception, mais de la normalité. Une stratégie qu’il faut réfléchir sur le long-terme, d’après lui.

Des projets en perspective

Forums de coproduction, rencontres professionnelles… La représentante de Gastibeltza Katti Pochelu a tissé des liens avec divers professionnels du secteur pour de futures collaborations, en particulier autour du documentaire "L’Hypothèse démocratique" réalisé par Thomas Lacoste, coproduit par Gastibeltza, et qui retrace 80 ans d’histoire du conflit basque, de 1936 à nos jours.

Un autre chapitre s’ouvre maintenant pour Gastibeltza. Après la casquette de productrice, K. Pochelu chaussera celle de distributrice : le film collectif "Gure Oroitzapenak" sortira sur les écrans du Pays Basque Nord le 8 octobre, et une tournée d’avant-premières est prévue dans toutes les salles du territoire en présence de membres de l’équipe du film.