Un journaliste pris à partie lors de l’Alarde

Un reporter de la radio Antxeta Irratia a été agressé par un défenseur du défilé excluant les femmes, lors des fêtes d’Hondarribia.

MEDIABASK|11/09/2018 08:35|0 commentaires
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La rue principale d'Hondarribia, Kale Nagusia, est traditionnellement la scène des tensions lors du défilé.

La tension est montée d’un cran cette année au défilé traditionnel à Hondarribia. Cela fait plus de vingt ans que l’intégration d’une compagnie mixte à l’"alarde" crée la polémique chaque 8 septembre, et les femmes et hommes qui la composent sont réduits à manifester pour réclamer leur place en marge du défilé. Cette fois, les opposants s’en sont pris aux journalistes.

Le Collège basque des journalistes et l’Association basque des journalistes ont publié un communiqué commun pour dénoncer l’agression subie par un journaliste de la radio Antxeta Irratia alors qu’il couvrait l’événement. Ce média de la baie de Txingudi fait partie de la fédération des radios bascophones du Pays Basque Nord, Euskal Irratiak. "Un défenseur de l’Alarde discriminatoire s’est approché de lui et, proférant des insultes, lui a pris son téléphone portable  - son outil de travail - et l’a jeté par terre". Ses confrères de Berria, EiTB et Diario Vasco se sont également plaints des attaques subies : caméras recouvertes, bousculades, insultes…

Ces comportements ont perturbé le travail des journalistes. Or, les associations rappellent que le travail des journalistes "est fondamental pour garantir un Etat démocratique et participatif, il est également indispensable pour assurer les droits fondamentaux des citoyens". Elles ont demandé aux institutions basques, en particulier le département de sécurité du gouvernement de la Communauté autonome basque, qu’elles s’engagent vis-à-vis de la profession de journaliste et qu’elles protègent les journalistes durant leur travail. "Il ne faut pas oublier que le journalisme est un service public dont a besoin tout Etat démocratique et que l’agression est survenue dans un lieu où se trouvaient des centaines d’Ertzaintza", pointe le communiqué. Précisément, la responsabilité des institutions dans ce conflit qui s’éternise est au cœur du débat.