Une vente contestée fait trembler les murs de la mairie à Biarritz

Dans son blog "Bisque, bisque, basque ! ", le journaliste Jean-Yves Viollier révélait le 27 novembre d’étranges circonstances qui auraient mené la mairie à sous-estimer deux parcelles qu’elle souhaite vendre. Après les secousses déclenchées par la gestion du dossier de l’Hôtel du Palais, un nouveau tremblement de terre ébranle la cité biarrote. 

Chloé REBILLARD|29/11/2017 17:40|0 commentaires
Chronoplus_ligne_13_02-16_1_
La mairie de Biarritz a réalisé une mauvaise opération en vendant deux parcelles à un prix qui paraît modique au regard du terrain. © WikipediaCommons

Petit rappel des faits. La mairie de Biarritz possède deux parcelles de terrain sur la commune d’Anglet. Actuellement, ces parcelles hébergent les Ecuries de Bigueyrie. La mairie a décidé de se défaire de ses parcelles et de les mettre à la vente. Jusque là, rien d’anormal. Mais c’est après que l’affaire se corse. 

Lors du conseil municipal du 29 septembre dernier durant lequel l’autorisation de vente a été votée, l’élue en charge de l’urbanisme, Nathalie Motsch, ne donne pas les bonnes dimensions des parcelles. La superficie totale est de 7 480 m². Or, la conseillère municipale évoque 4 150 m². Elle affirme également que le "terrain est classé N", c’est-à-dire en zone non-constructible. Là encore, il s’agit d’une donnée erronée : le terrain dispose de 874 m² constructibles. 

Deux évaluations à quelques mois d'écart

Pour vendre un bien appartenant à une collectivité, ces dernières sont obligées d’avoir recours aux Domaines, une entité qui s’occupe d’évaluer les biens. D’après Jean-Yves Viollier, l’organisme a évalué en mars 2017 les deux parcelles à 900 000 euros (Les Domaines, contactés par MEDIABASK n’ont pas encore confirmé les chiffres). Michel Veunac, maire de Biarritz, fait alors part de son sentiment que les parcelles ont été surestimées. En juillet, une nouvelle évaluation des Domaines aurait eu lieu : dans celle-ci, les biens ne valent plus que 545 000 euros.

Selon un expert en foncier qui a souhaité garder l’anonymat, deux évaluations aussi diamétralement opposées à quelques mois d’écart, "ce n’est pas impossible mais c’est tout de même très étrange. Il faudrait voir comment les Domaines justifient un tel écart de prix dans leur délibération". L’explication la plus plausible avancée serait une modification du Plan Local d’Urbanisme (PLU) de la zone, passant le terrain en non-constructible. Mais la Ville d’Anglet n’a pas amendé son PLU dans cette zone en 2017. Le mystère reste entier. 

C’est à 545 000 euros exactement que le conseil municipal de Biarritz a voté la vente, le 29 septembre, à un particulier. Un certain Jimmy Malige. Mais quelques jours avant la délibération, un autre acquéreur se présente : Jérôme Rey. Il propose lui 650 000 euros pour devenir propriétaire de ce terrain. Soit une différence de plus de 100 000 euros. Le maire refuse cette nouvelle proposition au motif que les convocations au conseil municipal sont déjà parties.

Un argument qui passe mal auprès de François Amigorena, adjoint au conseil municipal : "Depuis le début de la mandature, il est arrivé que nous modifions ou reportons des délibérations au moment même du conseil municipal. C’est normal. Pourquoi ne pas l’avoir fait quand plus de 100 000 euros sont dans la balance ?"   

Les conseillers municipaux mènent la fronde 

Peu après la lecture de l’article du blog Bisque, Bisque, Basque ! lui donnant le sentiment d’avoir été floué, François Amigorena a envoyé un mail ce mardi 28 novembre demandant l’annulation de la délibération du 29 septembre. "Je ne sais pas ce qui c’est passé dans ce dossier mais il y a quelqu’un, à un moment, qui a fait une lourde erreur" affirme l'adjoint au maire, membre de la majorité. C’est aussi le sentiment de deux autres conseillers municipaux de l'opposition, Jean-Benoît Saint-Criq et Pierrette Echeverria.

Suite à la publication de l’article, ils ont déposé un recours juridique pour obtenir l’annulation de la vente. Hier soir, les services de la mairie de Biarritz ont affirmé à MEDIABASK qu’ils communiqueraient rapidement sur le sujet, sans suite pour le moment. 

INFOS ASSOCIÉES