Communautés des gens du voyage : le casse-tête des élus locaux

Arcangues, Anglet, Saint-Pée-sur-Nivelle et maintenant Ascain : pas de répit pour les maires du territoire qui voient arriver, chacun à leur tour, un peu plus de 150 caravanes sur leur commune. Chassée d’un côté, la communauté des gens du voyage se déplace de quelques kilomètres avant de se réinstaller au plus grand dam des élus locaux et des riverains.

Ainhoa AIZPURU|2019/07/02 07:05|Iruzkin 1
Kaz_camp_bobedme102
Au départ de la communauté, la maire de Saint-Pée a prévenu ses homologues de la possibilité d'une prochaine arrivée des gens du voyage sur leur commune. © Bob EDME

C’est un peu le jeu de la "patate chaude", celle que l’on souhaite garder le moins longtemps possible chez soi et que l’on passe rapidement à son voisin sous peine d’être éliminé. Ici, pas d’élimination en vue mais juste beaucoup de complications pour les élus locaux qui accueillent, contre leur volonté, les 160 caravanes qui se déplacent depuis maintenant deux semaines sur le territoire.

Tout a commencé le week-end du 15 juin, quand un peu plus d’une centaine de caravanes ont débarqué sans crier gare sur le territoire. Par chance, la Communauté d’agglomération disposait d’un terrain libre à Arcangues, destiné à cet effet. Un site a priori pas au goût des gens du voyage qui, après y être restés quelques heures, ont repris la route jusqu’à Anglet où ils se sont installés, illégalement, aux abords de la plage des Cavaliers.

Claude Olive, le maire de la commune, n’a pas tardé à saisir le tribunal de grande instance de Bayonne avec l’objectif d’expulser les caravanes stationnées sans autorisation et qui plus est, dans la bande des 100 mètres, où la loi Littoral interdit toute forme d’installation. Finalement, après quelques jours, la communauté s’en est allée sous le coup d’une ordonnance d’expulsion et avec une astreinte dissuasive de 200 euros par jour et par véhicule.

Le maire d’Anglet à peine soulagé, c’était au maire de Saint-Pée-sur-Nivelle de voir arriver le cortège de caravanes, qui à quelques jours de la fête de la commune, a monté son campement sur un terrain communal et trois parcelles privées. Là aussi, l’édile et les trois propriétaires lésés ont décidé de porter plainte. Le temps de la procédure, la colère est montée chez les riverains qui, pour montrer leur désaccord face à cette manière de faire, ont organisé une manifestation à leur façon. Une vingtaine d’agriculteurs ont ainsi défilé bruyamment sur leurs tracteurs devant les terrains occupés, jeudi dernier. Une cinquantaine de gendarmes étaient présents pour encadrer la mobilisation qui est restée pacifique, malgré quelques dépôts de lisier aux alentours des caravanes.

Les obligations des collectivités compétentes

Sous le coup d’une nouvelle ordonnance d’expulsion, la communauté des gens du voyage a quitté Saint-Pée-sur-Nivelle ce vendredi 28 juin. Mais ce n’était pas pour se déplacer bien loin. Les voici depuis installés sans autorisation sur les terrains de rugby d’Ascain, à huit kilomètres de St-Pée-sur-Nivelle.

La saison estivale débute à peine que les élus locaux et les riverains font face aux arrivées problématiques de ces communautés qui n’hésitent pas à investir des terrains non autorisés. La situation démontre l’urgence d’acquérir le nouveau schéma départemental qui rendra compte des obligations des collectivités compétentes en termes de nombre et de la localisation des aires à créer à destination des gens du voyage. En espérant que ce document permette de commencer le prochain été avec un peu plus de sérénité.

ERLAZIONATUTAKO ALBISTEAK