Les pompiers font sonner l’alarme

Lancé par sept organisations syndicales, un mouvement de grève a débuté chez les sapeurs-pompiers dans l’ensemble de l’hexagone. Ils réclament plus de moyens, pour un métier pas toujours reconnue comme il le faudrait.

Iurre BIDEGAIN|2019/06/28 12:10|0 iruzkin
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Le mouvement de grève est aussi suivi par les pompiers de la caserne d'Anglet. ©Guillaume FAUVEAU

La coupe est pleine chez les pompiers. Sept syndicats de pompiers (FA/SPP-PATS, Fédération CGT Services Publics, Avenir-Secours, FO-SIS, SPASDIS-CFTC, CFDT Interco et UNSA-SDIS de France) ont déposé un préavis de grève du 26 juin au 31 août. Face à l'augmentation des interventions et à leur diversité, les grévistes demandent plus de moyens et une plus grande reconnaissance. Chaque service départemental d’incendie et de secours a néanmoins une obligation de service avec des effectifs minimums. La qualité du service public sera donc quand même assurée. 

"Nous avons le sentiment de ne pas être écoutés", déplore Gérard Iriart, président du syndicat Avenir Secours. Face au manque de compréhension de la part des institutions et l’Etat, 85 % des sapeurs-pompiers professionnels ont décidé de se mobiliser. Une mobilisation suivie à la caserne d'Anglet. Mercredi 19 juin, un courrier a été adressé au ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner.

"Le ministre de l'Intérieur nous renvoie vers l’association des départements de France et l’association des maires de France, en nous disant que ce n’est pas lui qui paie. Les associations nous répondent que le ministre devrait s’impliquer. Et nous, nous sommes au milieu", regrette le syndicaliste.

Le président explique que les sapeurs-pompiers font de plus en plus d’interventions avec les même effectifs, "voir moins". "Nous sommes sollicités pour des missions qui, aujourd’hui, ne relèvent plus forcément de nos services. Comme par exemple le transport des malades par manque d'ambulances privées. Nous sommes devenus le substitutif du service public", explique-t-il.

Prêts à négocier

Les grévistes réclament une revalorisation de la prime de feu, "n’ayant jamais été augmentée". De plus, ils souhaitent une négociation en ce qui concerne leur système de retraite et un engagement pour maintenir leur régime de retraite spécifique.

Cela fait 35 ans que Gérard Iriart est officier dans les Pyrénées-Atlantiques, et il avoue n’avoir jamais vécu une situation pareille. "Nous sommes conscients du contexte. Les pompiers sont prêts à faire un effort, mais pour négocier, il faut être deux autour de la table", souligne-t-il.

Depuis que le préavis de grève a été déposé, aucune négociation n’a pour le moment été entamée. Leur objectif est de tirer la sonnette d’alarme et d'alerter la société, qu'elle se rende compte, d’une façon ou d'une autre, de la situation. Les pompiers espèrent que durant cette période les différentes parties arriveront à un accord afin d’éteindre le feu de leur mal-être.