Mathieu BERGE
Conseiller communautaire, élu à Bayonne, et conseiller régional. Mouvement Génération.s
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Et maintenant…
2019/06/12 14:58 | 0 iruzkin

Au lendemain du résultat des élections européennes résonne la chanson de Gilbert Bécaud.

La droite nationale, xénophobe désormais bien inscrite dans le paysage national entame une nouvelle collaboration avec ses frères et sœurs de haine au parlement européen.

La droite républicaine, “au revoir de Gaulle”, dérive lentement vers le macronisme et sa vision libérale de la démocratie, où la souveraineté des marchés méprise la souveraineté des Etats et des peuples.

La gauche est en lambeau, faute d’union, mais surtout faute à une dérive idéologique orthodoxo-autoritaro-libérale incarnée dans son temps par Valls et Macron sous protectorat partisan de “gauche”.

Une satisfaction enfin, l’écologie devient centrale… à gauche.

La droite nationale est rassemblée, la droite libérale a son nouveau héros avec Macron et les commentateurs et stratèges partisans nous préparent à la guerre des droites, pensant avoir éliminé pour les 20 ans à venir une alternative aux offres politiques xénophobes et libérales qui se nourrissent mutuellement.

Notre génération, avec ou sans .S, doit désormais inscrire son combat politique dans l’émergence d’un rassemblement, non pas des appareils politiques, mais de nos valeurs communes pour davantage de solidarité, de partages des richesses créées, de transition énergétique et écologique et de créativité.

La gauche avant de rassembler ses appareils, doit rassembler ses idées, elle doit s’appuyer sur les expériences locales et internationales, sur les militants associatifs, syndicaux, acteurs de terrain, elle doit produire des projets réalistes de gestion locale, qui mettent l’humain, l’environnement et les solidarités au cœur des décisions.

La gauche ne doit pas faire la révolution, elle doit faire sa révolution sans pour autant tourner sur elle-même. Oui, il y a convergence d’intérêts et convergence des luttes entre les cheveux gris qui manifestent sous les bannières syndicales et les jeunes visages et familles qui roulent en vélo pour alternatiba.

Fin du mois et fin du monde sont intimement liés, il s’agit désormais d’unir nos forces, non pas pour contester un système, ce qui nous renverrait au rôle d’opposant, mais pour construire un modèle créatif de l’action publique, un programme politique porteur de l’intérêt général et non de la somme des intérêts particuliers, comme cela est également trop souvent le cas, au niveau local aussi…

Avant les lobbies, il y a le peuple dépositaire de la souveraineté qui dans notre modèle trop vertical la délègue à des représentants, véritables monarques républicains et barons locaux, symptômes d’un Œdipe monarcho-républicain non résolu depuis le 18e siècle.

Créons collectivement les conditions d’émergence d’un intérêt général partagé, d’un modèle de société où la participation politique citoyenne est aisée, dans lequel le commun et l’autre seront des priorités, faisons le choix de la civilisation, sinon nous aurons la barbarie du marché et des bottes.