Remède à la pénurie de médecins en Soule

Cela fait plusieurs années que les professionnels médicaux tentent d’inverser la courbe. Ils récoltent les premiers fruits.

Goizeder TABERNA|2019/03/14 07:00|0 iruzkin
0825_p15_soule
Sur les deux médecins en place à Tardets, l'un a 58 ans et l'autre en a 70. © Christophe DE PRADA

La population de médecins vieillit en Soule. Sur les neuf docteurs en activité, sept ont plus de 55 ans. Le plus âgé en a 70. Pour une population de 15 000 personnes dispersées dans un territoire de 800 km², le pronostic paraît engagé. Pourtant, le corps médical tient bon. Cela fait plus de dix ans qu’il a pris le problème en main, et la courbe semble s’inverser.

"D’ici un an, à 56 ans, je serai le plus âgé du centre médical [de Mauléon]", se réjouit le Docteur Jean-Claude Gaillard. Même si la courbe du nombre de médecins a du mal, celle de l’âge commence à s’inverser. Une jeune diplômée devrait s’installer bientôt en Haute-Soule, une autre à Mauléon, deux autres les ont précédées ces trois dernières années. Concernant les pionnières, leur projet professionnel a muri lors de leur stage d’études en Soule.

Le traitement contre la carence en médecins appliqué ces huit dernières années semble produire des résultats. Former des maîtres de stage pour accueillir des étudiants en sixième année de médecine, c’est ce que font plusieurs médecins dans leurs cabinets. La Communauté de communes de Soule a accompagné la démarche en louant un appartement pour héberger les stagiaires.

Jusqu’en décembre dernier, il y avait trois maîtres de stage. Une jeune docteure va suivre la formation pour le devenir le 17 mars, mais il en faudrait plus. Il faut une expérience de deux ans pour prétendre passer cette préparation de deux jours.

Souvent, les médecins ne veulent pas s’encombrer d’un stagiaire, une responsabilité jugée chronophage, mais le Dr Gaillard est convaincu du contraire. Cela soulagerait les professionnels. "On peut laisser les internes assurer les consultations pendant qu’on a une urgence à l’hôpital", explique-t-il, précisant que dans son cabinet, tous les médecins bénéficient d’un jour de repos dans la semaine. En plus, les étudiants arrivent avec de nouvelles connaissances.

La modernisation de la médecine, c’est précisément le défi pour attirer les jeunes en zone rurale. Les fiches papiers, le téléphone qui sonne pendant les consultations par manque de secrétaire, les tas de démarches administratives… cela les repousse. Prendre une secrétaire, informatiser le suivi médical et administratif, ce sont autant de choix qui peuvent devenir, dans ce contexte, des atouts.

"Rendre sexy"

C’est aussi une question d’émulation. La docteure annoncée à Tardets a été convaincue par l’enthousiasme d’une amie récemment installée qui a choisi la Soule pour la montagne et son cadre de vie. "A nous de la rendre sexy", lance Dr Gaillard. Il déplore, en revanche, le manque de soutien de l’Administration.

Des aides à l’installation existent, mais les choses se corsent lorsqu’il faut écrire le projet médical. Il aurait aimé plus d’accompagnement et moins de freins. "C’est là qu’on se heurte au Département", explique celui qui n’a pas encore été informé de la mise en place de la boîte à outils "Présence médicale 64". Il voit d’un bon œil, par exemple, l’aide prévue pour accompagner les conjoints de médecins dans la recherche d’emploi par le Conseil départemental, dans cette nouvelle politique publique contre la désertion médicale. Un aspect souvent décisif dans le projet de vie d’un couple qui fait appel à un autre volet des politiques publiques, l’emploi.

ERLAZIONATUTAKO ALBISTEAK