Ellande Alfaro : “La dynamique pour une sélection basque s’est essoufflée”

Le vent de résistance a tourné avec la dissolution en 2015 de l’association Esait, qui revendiquait la création de sélections sportives basques. Pour l’ancien joueur de pelote et militant d’Esait Ellande Alfaro, le débat reste aujourd’hui très “en surface”.

Anaiz Aguirre Olhagaray|2019/03/11 16:00|Iruzkin 1
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Avant Bixintxo Bilbao, d'autres pilotari ont également été sanctionnés pour avoir affiché leur identité basque, comme Dunixe Larralde et les frères Carricaburu. (FFPB)

“Je soutiens Bixintxo bien entendu, mais je le soutiendrais encore plus s’il refusait de jouer en sélection française” sourit Ellande Alfaro. Médaille d’Or aux championnats du monde de pelote basque de Barcelone en octobre 2018, Bixintxo Bilbao a failli être sanctionné pour avoir brandi un drapeau basque sur le podium. Le signe d’un changement d’époque, estime Ellande Alfaro, même si le débat de fond reste absent.

"La dynamique s’est un peu essoufflée, mais fut un temps où on se mobilisait énormément. Le sujet de la sélection basque revenait souvent sur la table. Aujourd’hui, le mouvement est beaucoup plus faible", relate-t-il. L’ancien joueur de pelote à main nue parle en connaissance de cause : en janvier 2006, lors de la finale d’un tournoi, il monte sur le podium vêtu d’un t-shirt "Euskal Selekzioa", imitant les frères Carricaburu, joueurs de xare, frappés d’une sanction quelque temps plus tôt pour en avoir fait de même.

"Je voulais voir si dans un autre contexte, lors de la finale de main nue en première série, avec le trinquet Moderne plein et toute la presse présente, on m’infligerait la même sanction", confiera-t-il alors au Journal du Pays Basque. "Les actions qu’on menait dans ces années-là allaient beaucoup plus loin. La revendication était plus précise, plus argumentée. Mais, malheureusement, pas avec le même écho médiatique !", se rappelle aujourd’hui Ellande Alfaro.

Boycotter la sélection française

En signe d’affirmation de leur identité basque, Alfaro et d’autres pilotari déclineront les propositions répétées de participer à la sélection française. "J’ai joué deux ou trois fois dans la sélection française. Puis une année, avant d’aller au Mexique, nous avons donné une conférence de presse pour exprimer notre revendication d’une sélection basque". Le groupe de joueurs du Pays Basque Nord et Sud clamera alors qu’ils est "forcé" de représenter les États français et espagnol. "Nous sommes six pilotari du Nord à avoir refusé la sélection française à toutes les compétitions internationales qui ont suivi".

Une époque de résistance révolue. Les joueurs d’aujourd’hui n’ont pas pris la balle au bond, et pourtant, les temps changent, reconnaît Ellande Alfaro. "Au moins, Bixintxo Bilbao s’est affiché avec l’ikurriña… À une époque, les sanctions passaient comme une lettre à la Poste. On voit que ce n’est plus le cas. Il y a une prise de conscience, mais on est encore loin de la sélection basque", regrette Alfaro.

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