L'Europe met à la trappe une étude sur la biodiversité marine

La Codep 64 milite depuis des années pour la création d'une réserve sur la côte basque au niveau du château d'Abbadia. Son vice-président Eric Saint-Martin explique les dangers qui planent sur la faune et la flore dans cette zone.

Xan Idiart|2019/01/22 10:30|0 iruzkin
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Eric Saint-Martin plonge avec le club hendayais Urpean et prend des photos de la vie sous-marine. © Eric Saint-Martin

Entre Hendaye et Biarritz se trouve une aire marine protégée… "qui ne protège rien". "Ce n'est pas moi qui le dis, c'est le maire de Guéthary". Cette exaspération en revanche est celle d'Eric Saint-Martin, vice-président du Codep 64 (Comité départemental de la fédération française d'études et de sports sous-marins). Pour sauvegarder la faune et la flore sauvages de ce bout de côte basque, l'association milite depuis des années pour la création d'une réserve. Problème : la demande de subvention pour réaliser une étude scientifique de la biodiversité marine de la zone des briquets à Hendaye, et qui aurait pu amener la création de cette fameuse réserve, vient de lui être refusée par le Développement local mené par les acteurs locaux (DLAL), un organisme financé par les fonds structurels européens.

"Nous sommes très déçus car notre démarche avait de grandes chances d'aboutir", certifie Eric Saint-Martin. Le projet avait notamment été rédigé en coordination avec l’Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer). Elle avait pour but d'étudier l'état de la biodiversité marine à cet endroit. D'autres desseins comme la fabrication d'une traînière à Saint-Jean-de-Luz ont été préférés.

Théoriquement, la création d'une réserve marine aurait permis la délimitation d'une zone où seuls les scientifiques auraient droit d'accès. "Nous demandions de l'installer au niveau des briquets à Hendaye car il n'y a qu'un seul bateau de pêche qui s'y rend", assure le vice-président du Codep 64. Les pêcheurs. Beaucoup d'entre eux auraient fait pression pour rejeter le projet. "Nous pensons qu'ils ont peur que la réserve marine s'étende ensuite sur toute la côte".

Des espèces en danger

Car les faits sont là. Des espèces aquatiques historiquement présentes sur la côte labourdine ont disparu ou sont sur la liste rouge des animaux en voie d'extinction. L'ange de mer par exemple, de la famille des requins, ne pointe quasiment plus le bout de sa mandibule chez nous. "La dernière fois que j'en ai vu un, c'était en 1989", se rappelle le vice-président de l'association. La raie brunette aussi se niche de moins en moins dans le sable basque.

"La surexploitation de l'Homme est passée par là, c'est sûr" poursuit-il, "mais nous aussi nous avons notre part de responsabilité. La pollution est l'affaire de tous". Et de rappeler qu'en 2007, une enquête publique déclarait souhaitable la création d'une réserve marine comme celle de Cerbère Banyuls en Catalogne du Nord. D'ailleurs, à l'époque, des élus de la Communauté d'agglomération côte basque-Adour s'étaient rendus sur place pour étudier le dossier. "Depuis, pas même un panneau ne signale la présence d'une aire marine protégée chez nous" s'insurge Eric Saint-Martin. "Une aberration".