Cinq bonnes raisons de s’intéresser (dès aujourd’hui) aux Européennes
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Mehdi OURAOUI. © Isabelle MIQUELESTORENA

L’abstention est aussi massive que le nombre de Français insatisfaits de l’Europe

C’est toujours la même chose : une fois tous les cinq ans, on se défoule en mettant dans ces élections tous les problèmes franco-français, toutes nos crises et névroses, au lieu de débattre de l’avenir de notre continent. Ajoutons à ça la complexité désormais labyrinthique des questions européennes, dont les experts ressemblent aux incontrôlables Shadocks, et on comprend mieux ce paradoxe : l’abstention est aussi massive que le nombre de Français insatisfaits de l’Europe. Allez, hop, cinq bonnes raisons de s’intéresser dès aujourd’hui aux élections européennes de mai 2019 !

1. Parce que le match entre Macron et Salvini est truqué

On nous a déjà fait le coup des sondages en 2017 lors de l’élection présidentielle : d’un côté les ultralibéraux, de l’autre les extrêmistes populistes. Et nous, coincés au milieu, obligés de choisir le “moins pire”. Pourtant ce sont bien les désespérantes politiques néo-libérales qui créent les monstres comme Salvini, Le Pen ou Orban. Et si, pour une fois, on votait “pour” ? Pour nos valeurs, nos idées, nos envies pour l’Europe !

2. Pour s’inscrire sur les listes électorales

Pour voter en mai prochain, il faut être inscrit avant le 31 décembre 2018. A quoi bon se plaindre de l’Union européenne (UE), si l’on ne s’exprime pas sur son avenir lorsque la possibilité de le faire se présente ?

3. Pour combattre les inégalités plutôt que les migrants

Il est temps de dire stop aux politiciens qui tente de nous faire croire que la source de tous nos problèmes, ce sont les migrants et l’UE. Le patron de Carrefour qui licencie 3 000 salariés, il est bien français, comme E. Philippe et E. Macron qui cassent les services publics et précarisent tout. Le problème c’est bien l’ultralibéralisme, c’est avec lui qu’il faut en finir, pas avec la France ! Le raisonnement vaut aussi pour l’UE : le problème ce sont les ultralibéraux, pas l’idée européenne. D’autant que le Brexit montre bien où mène la démagogie des europhobes et des nationalistes.

4. Parce qu’on ne sauvera pas la planète juste entre Lille et Marseille

Tenir tête à Trump, aux pétromonarchies ou à la Chine ? Impossible pour la France seule. Quel écologiste sincère peut proposer de sortir des traités de l’UE ? Un continent de 512 millions de citoyens et de 28 pays pèsera toujours plus dans les négociations internationales pour le climat que le petit François de Rugy.

5. Parce qu’il est temps de choisir un chemin pour la gauche

Ce vote n’est pas un référendum anti-Macron. C’est l’occasion de choisir quel chemin nous souhaitons pour la gauche : fraternelle ou anti-migrants ? Changer l’Europe ou en sortir ? Stratégie populiste ou union de la gauche sur ses valeurs ? Dégagiste ou positive ? Nostalgique ou porteuse d’idées nouvelles : le revenu universel, la taxe robot, l’IVG inscrite dans les traités européens, la reconnaissance des langues régionales ? Soyons, nous citoyens, au rendez-vous !