“Une personne en difficulté a le droit à ce qu’on lui apporte une réponse”
Ester GRAN|mediabask|0 iruzkin
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Beñat Cachenaut est Vice-président de la CAPB en charge de l’action sociale et de la petite enfance. © DR

Les questions relatives à l’autonomie et la précarité seront portées par le CIAS (Centre intercommunal d’action sociale) Pays Basque. Y a-t-il déjà des priorités d’action ?

Oui, nous en avons déjà répertoriées. En matière d’autonomie par exemple, le portage de repas n’existe pas encore en Pays de Bidache. Certaines communes au cœur du Pays Basque ne sont pas desservies par un tel service. Le CIAS va prendre en compte cette problématique et le proposer à tout le Pays Basque. Notre objectif est qu’une personne habitant au fin fond d’une vallée bénéficie du même service qu’une autre résidant près d’une grande ville. A Bidache, il y a un projet de cuisine centrale en accord avec le Conseil départemental pour la préparation des repas destinés aux collèges et écoles. Je crois même que la crèche s’y ravitaillera. Il est prévu que cette cuisine soit utilisée pour un portage de repas.

Et sur le volet de la précarité ?

Les priorités sont nombreuses là aussi. Parlons de l’aide alimentaire : elle ne couvre pas le Pays Basque de la même façon. Il existe des banques alimentaires dans certaines communes, à Mauléon par exemple, à Bayonne où l’association s’installera au printemps prochain dans un nouveau bâtiment dont la construction a été engagée par la CAPB. Dans d’autres communes, l’aide alimentaire est portée par une épicerie sociale, comme à Bidache. Chaque structure œuvre sur son secteur mais il y a de quoi mettre en place un réseau, créer une distribution alimentaire par un système de navette, une épicerie sociale ambulante. De nouveaux locaux ne sont pas toujours indispensables. Il suffit des fois d’aller simplement de commune en commune. Nous accompagnerons les bénévoles. Et ces derniers le demandent eux-mêmes. Il y a des réponses à apporter. Pour les sans abris, l’agglo est propriétaire, entre autres, de la maison de Gilles à Biarritz. Il faudra peut-être mettre un peu plus de logements parce que, et le portrait social du territoire nous le dit, de plus en plus de personnes dorment dans la rue ou leur voiture. Et pas seulement en ville. On le remarque de plus en plus dans nos campagnes.

Justement un phénomène que le Secours catholique pointait du doigt en dressant le bilan annuel de ses activités en Pays Basque ?

Oui une précarité et une pauvreté qui ne s’expriment pas. Et si ces personnes habitent dans des maisons, ces maisons sont dépourvues de tout confort. Les services du CIAS Pays Basque n’iront pas les voir directement, mais accompagneront les associations qui sont à leur contact. Nous n’entrons pas dans l’aide individuelle surtout que le conseil départemental le fait. Ce n’est pas notre mission. Nous resterons sur une politique de coordination générale, et notamment d’accompagnement des associations, de mises en relations, de recensement des difficultés sociales –elles sont plus au courant que nous. Les associations nous attendent dans ce rôle.

Le budget de cette organisation est-il déjà défini ?

Le budget total de l’action sociale sur le territoire s’élève à 10,35 millions d’euros. Il intègre la petite enfance, les crèches, l’autonomie… Et est financé par les différents acteurs, les CIAS, le Département, la PMI, la CAF, la MSA. Le reste à charge par la CAPB est 3,22 millions d’euros. Nous passerions à 3,87 millions d’euros, en comprenant la création de cinq postes supplémentaires. Le CIAS aurait 2,5 postes de plus qu’il n’en a actuellement, la petite enfance, enfance et jeunesse 1,5 poste et la santé 1 poste qui serait cofinancé par l’ARS et l’agglo. On demande 650 000 euros de plus pour le fonctionnement du CIAS Pays Basque. Soit deux euros par habitant. On peut faire cet effort. Qu’on soit à Iholdy ou Bayonne, une personne en difficulté a le droit à ce qu’on lui apporte une réponse.