Des locaux pour des entreprises mais pas à n’importe quel prix

Trois sociétés tournées vers le numérique vont acheter des locaux tout neufs à Izarbel. Une opportunité offerte par la Communauté d’agglomération Pays Basque encadrée par une clause de non-spéculation.

Goizeder TABERNA|2018/11/07 17:25|0 iruzkin
Img_0977
Jean-René Etchegaray, Sylvie Durruty, Emmanuel Alzuri et le directeur adjoint d'Essor, Fabrice Salles, ont posé la première pierre d'Izartegi. © MEDIABASK

Autant le dire avant qu’il ne soit trop tard : les futurs acquéreurs du bâtiment Izartegi de la technopole Izarbel, à Bidart, devront renoncer à l’appât de la spéculation. C’est avec un sentiment du temps qui nous est compté que le 24 octobre, l’Agglo a présenté lors de la pose de leur première pierre le projet de construction de locaux, à vendre à des entreprises, comportant une clause non-spéculative.

Autour des élus, les immeubles poussent comme des champignons, dans ce site en pleine expansion. Proche de l’accès à l’autoroute, au cœur de l’agglomération bayonnaise, la technopole destinée au numérique est stratégique. Les prix, eux, sont inaccessibles dans la zone. L’agglomération a donc fixé un prix deux fois moins élevé que celui du marché, à 90 euros HT le mètre carré. Ce qui change la donne pour les petites et moyennes entreprises gravitant autour de la technopole.

Elle a tout de même ajouté une condition : pendant 20 ans, les entreprises ne pourront pas spéculer avec le bien. Une clause appliquée lors de cessions sur les sites techonopolitains de l’Agglo, comme cela va être le cas pour le futur village d’artisans de Melville Lynch.

Depuis la future terrasse d’Izartegi, des touches de vert sont encore visibles au loin. "Avant, dans ces lieux, il y avait des fermes. C’était des espaces agricoles, on a donc une exigence particulière, on sait quelle est la valeur de la terre. Cela demande de la plus value, une économie de qualité", a affirmé Jean-René Etchegaray, le président de la Communauté d’agglomération Pays Basque. Izartegi accueillera donc cinq-six entreprises dont le cœur de métier est le numérique ; une clause de maintien de l’activité en cas de vente a été ajoutée. Un comité d’agrément a été mis en place.

Les élus misent sur l’économie du foncier et densifient l’hébergement des entreprises, mais le président de l’Agglo le reconnaît, cela ne suffira pas. Au bout de 20 ans, la clause de non-spéculation disparaît. "Il faut trouver les formes juridiques  contre la spéculation. Le foncier solidaire sera peut-être une des solution possibles", espère-t-il. L’objectif est de créer l’opportunité de l’installation durable sur la côte basque.

Pour l’instant, ce sont les entreprises Maritime Système, Novaldi et Le Labo qui vont relever le défi. Le premier crée des solutions informatiques dédiées aux assureurs du transport maritime, les deux autres sont dans la communication. Il reste de la place pour deux ou trois entreprises supplémentaires dans ce bâtiment d'une surface totale de 700 mètres carrés. Il devrait être livré par l'opérateur Essor Développement à la fin du premier semestre 2019.