Abattoir de Mauléon : l’ancien directeur écope de six mois de prison avec sursis

Le tribunal de grande instance de Pau a rendu son verdict aujourd’hui et condamne l’ex-directeur Gérard Clemente à six mois d’emprisonnement avec sursis. Le procès fait suite aux images enregistrées clandestinement par l’association de défense des animaux L214 en mars 2016.

Mediabask|2018/10/29 15:28|0 iruzkin
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La semaine où les vidéos ont été enregistrées correspondait à une période de forte activité pour l’abattoir de Mauléon, qui a pourtant dû fonctionner avec un seul salarié sur la chaîne d’abattage. © Isabelle Miquelestorena

L'abattoir en tant que personne morale écope, lui, d'une amende de 10 000 euros. Gérard Clemente, son ancien directeur, vient d'être condamné à six mois d'emprisonnement avec sursis. Il devra également s'acquitter d'une amende d'environ 200 euros pour "tromperie" (un non-respect du cahier des charges). Les quatre autres prévenus, des employés, sont condamnés à des amendes de 80 à 520 euros pour maltraitance "sans nécessité".

Un verdict qui correspond en partie aux réquisitions de la procureure Orlane Youanq. A l’issue du procès qui s’est déroulé sur deux jours les 17 et 18 septembre dernier, elle avait requis six mois d'emprisonnement avec sursis à l’encontre de Gérard Clemente, assortis de 3 300 euros d'amende ; 50 000 euros d'amende pour l'abattoir en tant qu'entité, et entre 100 et 300 euros d'amende pour les trois salariés. Dans une salle d’audience comble, onze associations s'étaient porté partie civile. Parmi elles, l’association L214, auteur de la vidéo à l’origine du procès. Filmées dans l’abattoir souletin entre le 7 et le 11 mars 2016, les images avaient révélé des pratiques et des équipements non-conformes à la règlementation.

Les trois salariés de l’abattoir de Mauléon ainsi que l’établissement en tant que personne morale, étaient jugés pour "mauvais traitements infligés sans nécessité à un animal domestique". L’abattoir et son ancien directeur ont également dû répondre de "tromperie sur la nature, la qualité, l’origine ou la quantité d’une marchandise", un délit passible de deux ans de prison et 300 000 euros d’amende. L’établissement, certifié Eco-cert, ne respectait pas le cahier des charges spécifique à l’abattage d’animaux labellisés (label rouge, IGP, label blonde d’Aquitaine, etc.). Tous les prévenus étaient également poursuivis pour divers manquements aux règles de l’abattage (absence de précaution ou d’étourdissement préalable, saignée tardive...).

Les employés avaient évoqué des conditions de travail rendues d’autant plus difficiles que la semaine où les images avaient été enregistrées, deux employés manquaient à la chaîne d’abattage. Le seul salarié en poste avait donc dû assumer la charge de travail de ses collègues absents. "La chaîne ne s'arrête jamais. S'il manquait quelqu'un, il fallait que quelqu'un d'autre sache faire le job. (...) Je n'aurais jamais dû être tout seul à ce poste" avait témoigné à la barre Gérard Arhié, l’un des prévenus.