Ciboure taxera à 40 % les résidences secondaires

Le maire Guy Poulou est historiquement opposé à cette mesure, mais a voté en sa faveur lors du Conseil municipal du 27 septembre dernier, pour faire face à la baisse des dotations de l’État et à l'augmentation des dépenses concernant les logements sociaux.

Xan Idiart|2018/10/09 14:59|0 iruzkin
Poulou
Guy Poulou dit avoir mis ses convictions dans la poche en votant pour la taxation des résidences secondaires à 40%.

"Rien ne me sera épargné aujourd'hui". C'est d'un air désabusé que le maire de Ciboure Guy Poulou entame lors du Conseil municipal du 27 septembre la lecture portant sur la taxation des résidences secondaires à 40%. Dans son entourage, tout le monde le sait, l'édile est opposé à cette mesure. "C'est une opération pour faire du bruit" déclarait-il même à MEDIABASK il y a trois ans. "Mais en politique, il faut mettre ses convictions dans sa poche" assure-t-il, et a donc voté comme tous les élus en faveur de la nouvelle taxation pour 2019.

La baisse des dotations de l’État et l'augmentation des dépenses pour la construction de logements sociaux sont les raisons qui ont poussé Guy Poulou à prendre cette décision. "Nous n'échappons pas à la nécessité de nous procurer des ressources" s'excuse-t-il presque.

La mesure devrait rapporté 388 000 euros à la commune, contre 192 442 en 2018*. Cela représente une taxe de 190 euros pour une maison, et 81 euros pour un appartement. Presque rien, pour l'élue d'opposition Oihana Sanchez. "Le reste de l'année, les propriétaires louent ces appartements" assure-t-elle. La taxe ne représenterait même pas le prix de la location selon elle.

42,6% de résidences secondaires

Pour Eneko Aldana (Ziburu bizi) aussi, la mesure n'est pas suffisante même si elle va dans le bon sens. Lui souhaiterait une taxation des résidences secondaires à 60 %, des chiffres en guise d'argumentaire : 42,6% de résidences secondaires en 2015, qui représenteraient aussi 85 % des constructions neuves depuis 1999.

Face à la réticence du maire à adopter cette proposition, l'abertzale lui certifie qu'elle ne contrevient pas au principe de la propriété privée. Elle constituerait au contraire un outil pour répondre à un marché immobilier tendu. Un outil dont se sont déjà emparé les villes d'Hendaye et de Saint-Jean-de-Luz qui elles aussi taxent leurs résidences secondaires à 40%. "Mieux vaut tard que jamais" conclura de son côté Henri Duhaldeborde, également conseiller municipal de l'opposition.

 

*En 2018, la taxation des résidences secondaires était de 20%. Les autres années, il n'y en avait pas.