“Il faut développer le début de saison”

Alors que le Pays Basque entre dans son arrière-saison touristique, Max Brisson dresse un bilan mitigé de la saison 2018. Outre un facteur météorologique qui n'a pas favorisé l'arrivée de vacanciers au mois de juillet, le vice-président de l’Agence de développement touristique pointe des faiblesses structurelles.

Anaiz Aguirre Olhagaray|2018/09/14 14:00|0 iruzkin
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Près de deux professionnels basques sur trois jugent la fréquentation de la saison estivale 2018 inférieure à 2017. © DR

Il faudra attendre le mois d’octobre pour avoir une vision globale de la saison touristique de cette année. Mais d’ores et déjà, pour Max Brisson, vice-président de l’Agence d’attractivité et de développement touristique du département, 2018 ne sera pas un excellent cru. Les intempéries de juin et de juillet ont certes dissuadé les vacanciers de visiter le Pays Basque, mais selon M. Brisson, il s’agit aussi d’une faiblesse structurelle.

D’après lui, il faut réorienter les campagnes de promotion touristique pour attirer davantage la clientèle étrangère, notamment d’Europe du Nord. Là-bas, il est courant de partir en grandes vacances en mai ou en juin. Autre cible : la clientèle de proximité, dans un rayon de 200 kilomètres, qui peut se déplacer pour un week-end ou des petites vacances.

"Le mois d’août affiche complet, comme chaque année. C’est rarement un mois qui permet d’appréhender une saison. En revanche, le début de saison - mai, juin et même juillet - a été morose", constate M. Brisson. Et ce, pour des raisons conjoncturelles. D’abord, les intempéries qu’a connues le Pays Basque tout au long du printemps "ont donné des images qui n’étaient pas favorables". Ce sont également les grèves de trains qui ont impacté le tourisme au Pays Basque. "Depuis Paris, il est facile d’aller en voiture jusqu’en Normandie, mais ici, nous sommes dans une zone qui est très dépendante du bon fonctionnement des transports collectifs. En particulier pour des séjours courts, en début de saison, nous représentons une destination lointaine et chère".

Ce début de saison morose révèle également des faiblesses structurelles pour M. Brisson. Au Pays Basque, "80% de la clientèle vient de l’État français, et 20% arrive de l’étranger". "Ce ratio n’est pas très bon, bien qu’il se soit amélioré. Il faut développer la clientèle étrangère", affirme M. Brisson, qui prend l’exemple de certains pays nord-européens, qui ont l’habitude de partir en grandes vacances tôt dans l’année. "En Suisse, en Allemagne ou dans les pays scandinaves, les calendriers scolaires sont en échéancier. Ce sont des pays très décentralisés, fédéraux, où il n’y a pas comme en France un calendrier national, qui fait que tout le monde part en vacances en même temps". C’est donc vers cette population-là qu’il faut, selon lui, réorienter les campagnes de promotion. Pour "réarmer et nourrir" le début de saison, M. Brisson donne une autre conclusion : l’offre touristique doit aussi attirer la clientèle de proximité, dans un rayon de 200 km autour de la côte basque, en développant notamment les week-ends et les séjours courts.

"Le bilan est moins mauvais au Pays Basque intérieur que sur la côte", ajoute M. Brisson. "Le tourisme rural a moins souffert". En effet, d’après l'enquête de l’AaDT, le pourcentage de satisfaction des professionnels du tourisme au mois d’août est de 69 % au Pays Basque intérieur, contre 48 % sur la côte.