Béatrice MOLLE-HARAN
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La nécessité d’un tourisme maîtrisé et équilibré

L’attractivité touristique se dégrade à mesure qu’elle croît. Qui souhaite que ce territoire perde sa spécificité et son identité au profit d’une folklorisation galopante ?

2018/08/18 09:00 | 0 iruzkin

Au-delà des chiffres encore provisoires avant la fin de la saison touristique, ce phénomène de société intéresse les habitants de ce territoire. Avec une empreinte écologique chaque année grandissante, les fermetures des plages de plus en plus fréquentes d’année en année en témoignent. Les stations d’épuration existantes saturent sur la côte en cas de fortes pluies mais également à cause d’un fort afflux touristique. L’attrait indéniable suscité par le littoral n’est pas prêt de cesser et se pose désormais la question de la maîtrise de cette industrie.

Car cette tendance à la baisse qui n’est pas forcèment une mauvaise nouvelle démontre s’il en est, que l’attractivité touristique se dégrade à mesure qu’elle croît. Qui souhaite que ce territoire perde sa spécificité et son identité au profit d’une folklorisation galopante induite par une marchandisation à outrance ? Surtout pas les habitants de ce territoire ni même les propres touristes. en quête d’un territoire, du moins espérons le, vivant.

Des réflexions sont menées au sein du Cluster de la CCI et l’on souhaite que ce travail soit approfondi par la CAPB (Communauté d’agglomération du Pays Basque). Et ce, afin d’éviter une saturation galopante perturbant les ressources naturelles et le mode de fonctionnement d’une communauté connaissant déjà des problèmes majeurs en matière de foncier et d’accessibilité au logement. C’est donc le véritable défi de demain que de travailler sur la pression immobilière et la plupart des communes du Pays basque Nord en ont conscience en ayant pris la décision de surtaxer les résidences secondaires. Et donner les conditions à la jeunesse de ce pays de pouvoir travailler et vivre sur son territoire.

C’est le défi auquel est confronté le Pays Basque Sud avec un phénomène rapide durant ces dernières années de massification du tourisme. Faux !, rétorquent les autorités qui ont cependant édité un guide à l’attention des touristes de Donostia leur enjoignant le respect des us et coutumes des locaux vivant à l’année dans cette ville.

Mais la contestation ourdit et l’on peut voir à Donostia des affiches indiquant que l’arrivée d’un touriste fait partir un habitant de cette ville. Où pullullent, entre autres, les locations airbnb et sauvages rendant impossible une installation à l’année. D’aucuns craignent désormais la muséification de cette ville. Le cas de certaines sociétés gastronomiques vendant leur art de vivre en proposant des repas aux touristes à des prix prohibitifs, tel un souvenir ou une carte postale est significatif.

La réaction est venue de ce propre monde dénonçant ces pratiques contraires à la philosophie de ces sociétés. Et démontrant par la même qu’il est toujours possible de réagir même si le tourisme de masse est une arme insidieuse induisant parfois des comportements de soumission. Sans oublier que nous sommes tous et toutes de potentiels touristes et que la fonction première du voyage est certes le dépaysement mais aussi la rencontre avec l’autre, différent.