Sakonean
Gros nuage

La pollution atteint des niveaux très importants le long des axes routiers (A63, D810), présentant un risque pour la santé et l'environnement. Malgré cela, le bilan de l’année 2017 de la qualité de l’air est l’un des meilleurs depuis 2012 dans le territoire basco-béarnais, selon le rapport de l’Atmo.

Anaiz Aguirre Olhagaray|2018/08/03 07:00|0 iruzkin
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Au Pays Basque en 2014, le transport routier est responsable de 58% des émissions de CO2 et le chauffage génère 48% des émissions de particules fines (2,5mm).

Globalement, la qualité de l’air est bonne dans les Pyrénées-Atlantiques. C'est ce que présente le bilan de l’année 2017 réalisé par l’association de surveillance de la qualité de l’air (Atmo). D'après l'étude, les jours présentant un indice "mauvais" à "très mauvais" ont été assez rares en 2017 : deux jours à Lacq et aucun à Bayonne ni à Pau. Au regard des polluants pris en compte dans l’étude(1), le bilan 2017 est l’un des meilleurs depuis 2012. En revanche, le long des gros axes routiers, l'étude signale que la pollution atmosphérique est plus importante. La zone urbaine du BAB n'y échappe pas. Les transports, mais aussi le chauffage des logements et les industries sont les plus gros facteurs d'émissions de polluants.

En zone urbaine, les polluants sont majoritairement issus du trafic routier. C’est le cas des oxydes d’azote, des particules en suspension et des particules fines. C’est donc le long des axes à fort trafic que l’on retrouve les concentrations les plus élevées. Le dioxyde d’azote atteint des niveaux élevés sur l’autoroute A63 et quelques routes départementales très fréquentées (D810, D817...) pour lesquelles la valeur limite(2) réglementaire (fixée à 40 μg/m3) est dépassée.

L'analyse des concentrations moyennes annuelles de particules fines de l’agglomération BAB révèle là encore que les niveaux sont plus importants le long des grands axes routiers, en particulier l’autoroute A63 et les principales routes départementales (D810, D817…). Localement, la valeur cible(3) annuelle (fixée à 20 μg/m³) est dépassée.

Des conséquences sanitaires et environnementales

Dans ses derniers résultats datant de 2016, l'Agence Santé publique France estime que la pollution de l'air causerait au moins 48 000 morts par an, "probablement plus". La pollution de l'air n'affecte pas que les grandes villes. L'agence précise que dans les zones entre 2000 et 100 000 habitants, la perte d’espérance de vie est de 10 mois en moyenne, et de 9 mois en zone rurale.

Les polluants pris en compte dans l’étude (dioxyde de soufre, dioxyde d’azote, particules en suspension PM10 et ozone) présentent un risque majeur pour la santé : problèmes respiratoires, irritation des bronches, augmentation des crises d’asthme… Certaines particules ont également des propriétés mutagènes et cancérigènes. Certains de ces gaz favorisent la formation des pluies acides et participent de l’effet de serre. Les effets de salissure des bâtiments et des monuments sont les atteintes à l’environnement les plus évidentes.

A Lacq, pollution industrielle astronomique

Le 8 juillet 2018, Mediapart a révélé le scandale de la pollution exorbitante à l'usine Sanofi de Mourenx. Le géant pharmaceutique n'a pas procédé au contrôle de toutes les colonnes de l'usine, qui émettait du bromopropane (une substance cancérogène) à des taux 190 000 fois supérieurs au seuil réglementaire. L'Atmo Nouvelle-Aquitaine surveille la qualité de l'air sur les zones industrielles de Lacq/Mourenx. En plus de la surveillance des polluants réglementaires(4), l'Atmo réalise des campagnes de mesures ponctuelles, dont la dernière date de juin et juillet 2018. Elle ne concerne toutefois pas le bromopropane et le valproate de sodium (les deux substances mises en cause dans l'affaire Sanofi) car "ces deux composés ne sont pas mesurables via la technique analytique mise en œuvre dans le cadre de cette campagne", a indiqué l'Atmo.

Le site industriel de Lacq émet de grandes quantités de rejets toxiques qui ont des conséquences immédiates sur la santé des salariés et des habitants. A l'arrêt depuis le 9 juillet, l'usine Sanofi est visée par plusieurs plaintes, notamment de l'association des riverains (Arsil) qui exige que soit menée une étude épidémiologique sur les conséquences sanitaires à long-terme, aucune étude de ce type n'ayant été réalisée depuis 1998.

 

Consulter le rapport de l'Atmo de 2017 sur la pollution de l'air en Nouvelle-Aquitaine.

Parcourir la cartographie des émissions de polluants atmosphériques.

(1) Dioxyde de soufre, dioxyde d’azote, particules en suspension PM10 et ozone.

(2) Valeur cible (en air extérieur) : niveau à atteindre, dans la mesure du possible, dans un délai donné, et fixé afin d’éviter, de prévenir ou de réduire les effets nocifs sur la santé humaine ou l’environnement dans son ensemble.

(3) Valeur limite : niveau à atteindre dans un délai donné et à ne pas dépasser, et fixé sur la base des connaissances scientifiques afin d’éviter, de prévenir ou de réduire les effets nocifs sur la santé humaine ou sur l’environnement dans son ensemble.

(4) Dioxyde de soufre SO2 sur l’ensemble des cinq stations de surveillance, dioxyde d’azote, ozone, particules en suspension sur certaines stations.