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Les jeunes d’Altsasu devant la justice

Le procès contre huit jeunes d’Altsasu a commencé ce lundi 16 avril à l’Audiencia Nacional de Madrid. Durant les deux prochaines semaines, la justice jugera ces jeunes pour avoir éventuellement participé à une bagarre contre deux gardes civils, faits qu'elle qualifie de "terrorisme". Les huit accusés ont nié les accusations devant le juge aujourd'hui.

Manifestation organisée à Pampleune le 14 avril. (Iñigo Uriz)
Manifestation organisée à Pampleune le 14 avril. (Iñigo Uriz)

Les trois jeunes Unai Unamuno, Adur Ramirez de Alda et Oihan Arnanz ont été les premiers à déclarer devant le juge ce matin. Ils sont tous les trois incarcérés depuis plus de 500 jours, et comparaissent avec cinq autres jeunes sous l'accusation de "terrorisme", jusqu'au 27 avril prochain. Le procureur demande une peine totale de 375 années de prison pour ces huit jeunes.

La journée d'aujourd'hui a vu défiler devant le juge les huit jeunes, un par un. Demain, ça sera au tour des gardes civils et de leurs conjoints d'être appelés devant la barre, puis les experts.

Lors de cette première journée du procès, tous les accusés ont nié avoir participé à la bagarre. Unai Unamuno admet avoir eu une discussion avec les gardes civils, mais qu’à aucun moment, il n’a tapé sur quelqu'un. Adur Ramirez de Alda explique lui, qu’au moment de la bagarre, il était chez lui. "J’ai su ce qui s’est passé au bar Koxka le lendemain matin, quand je me suis réveillé", rajoute-t-il.

Oihan Arnanz précise que la bagarre avait déjà eu lieu lorsqu’il était sorti du bar. Il ajoute également qu’il portait des vêtements différents de ceux signalés dans les plaintes. L’accusé Jon Ander Cob explique lui qu’il est allé au bar Koxka avec des amis, mais qu’il n’a vu aucune dispute. La Justice a rejeté les témoignages des personnes qui étaient avec lui cette nuit là. Elle n’a pas non plus accepté comme preuve une vidéo qui confirme sa déclaration.

Aratz Urrizola, Julen Goikoetxea, Iñaki Abad et Ainara Urkijo nient eux aussi avoir participé aux faits reprochés. Ils démentent également participer au mouvement Ospa, dynamique qui lutte contre la répression et les forces policières.

Amaia Izko, avocate des jeunes Altsasuar a énuméré au quotidien Gara toutes les irrégularités du procès. "Il s’agit d’un procès plus que disproportionné, c’est une absurdité", a-t-elle souligné. Selon l'avocate, dans certains cas, la Justice a rejeté toutes les preuves présentées, car selon elle, elles ne sont pas indispensables ou ne font pas référence aux faits du 15 octobre 2016.

Concepcion Espejel, présidente de la salle du tribunal de l’Audiencia Nacional, est mariée avec un garde civil. Selon la défense, son lien personnel pourrait enlever de l’objectivité à la décision. Lorsque l'avocate de la défense avait plaidé pour le retrait de sa personne, la demande avait aussi été rejetée.

Signes de solidarité

Beaucoup de monde s’est rendu devant l’Audiencia National à Madrid pour soutenir les jeunes et leurs familles. Des élus d’EH Bildu, Geroa Bai et Podemos étaient aussi présents.



Samedi 14 avril, 50 000 personnes ont manifesté à Pampelune pour dénoncer l’injustice de ce procès.