Prisonniers et victimes : les piliers du forum anniversaire du 8 avril

A l'initiative de Bake Bidea, il est organisé avec la Chambre de commerce et d'industrie et la Ville de Biarritz. Un an après le désarmement d'ETA, seront abordées les problématiques des victimes et des prisonniers. 

Bénédicte Saint-André|2018/03/14 07:30|0 iruzkin
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Jean-René Etchegaray a salué le rôle de l'Etat français dans le désarmement d'ETA © Isabelle Miquelestorena

Le forum "un an après le désarmement" se tiendra les 6, 7 et 8 avril prochains à Bayonne et Biarritz. "Le 8 avril a changé la donne, tout le monde en convient. Un espace est ouvert avec Paris sur la question des prisonniers", pose Michel Berhocohirigoin. Un premier bilan sur la question sera réalisé lors du forum.

Cinq prisonniers ont d'ores et déjà été rapprochés. Et si les Artisans de la paix ne souhaitent pas "spéculer" sur les rapprochements à venir, tenus par un "contrat de confiance" avec l'Etat Français, ils déclarent avoir la "conviction que les choses vont se poursuivre". Pour autant, le changement de logiciel n'est pas parachevé, constatent-ils. En témoigne le cinquième refus de libération conditionnelle de Ion Parot, selon eux un refus stigmate de l'ancien monde.

De son côté, l'Etat espagnol vient de refuser le rapprochement des prisonniers et le passage à un régime pénitentiaire moins éprouvant à une cinquantaine de détenus qui en faisaient la demande. Pourtant, côté espagnol, les choses bougent, même subrepticement, selon Jean-René Etchegaray. "L'Espagne a pris acte du désarmement. Elle a pris acte du rapprochement des détenus basques en France. C'est peut-être peu mais cela mérite d'être souligné".

Les municipalités, maillon essentiel du vivre-ensemble

Le forum abordera également la question des victimes sur le thème "faire face au passé pour construire l'avenir". Julen Mendoza, maire abertzale d'Errenteria interviendra. Il est unanimement reconnu pour avoir été le premier à agir en faveur de la réconciliation, fédérant des personnes de tous les camps. "Les municipalités peuvent aider à créer les conditions du vivre-ensemble", souligne Anaiz Funosas, présidente de Bake Bidea.

Le forum est organisé en partenariat avec la CCI. "Il n'y a pas de développement économique sans la paix", défend Pantxoa Bimboire, conseilller d'André Garreta, président de la chambre consulaire. Et également avec la Ville de Biarritz. Pour Michel Veunac, maire de la Ville, "il est important de travailler à la réconciliation d'hommes qui se sont affrontés et qui ont soif de tourner la page".

Le 8 avril, dernier jour du forum, sera inaugurée la sculpture "Arbolaren Egia", la vérité de l'arbre en français, au petit Bayonne, quartier du désarmement. "Il était important qu'un artiste vienne consacrer ce moment. Nous n'avons pas la prétention d'avoir tout compris. Mais ce qui nous anime est de laisser une paix durable aux générations futures. Cette sculpture en sera le symbole", déclare Jean-René Etchegaray.  

De la dissolution d'ETA

Interrogé sur la dissolution à venir d'ETA, Michel Berhocoirigoin répond : "Nous sommes et nous avons toujours été dans une démarche où rien n'est négocié avec ETA. Toutes les étapes qui permettent d'aller vers la paix sont évidemment nécessaires. Mais nous ne posons pas de condition, pas de préalable. Nous discutons avec l'Etat français sur le rapprochement sans condition de dissolution d'ETA. Les choses avancent parce que chacun fait un pas vers l'autre. C'est un processus interactif."

 

Programme : 

Vendredi 6 avril, de 19h30 à 22 heures à la CCI : "Victimes, souffrance : Faire face au passé pour construire l'avenir"  avec Michel Berhocoirigoin (Artisan de la paix), Jean-Pierre Massias (Président de l'association française de justice transitionnelle), Julen Mendoza (maire d'Errenteria), Serge Portelli (magistrat à la cour d'appel de Versailles)

Samedi 7 avril, de 9 heures à 13h30 à l'auditorium Bellevue de Biarritz : "Prisonnier.e.s basques : du possible au nécessaire" avec Xantiana Cachenaut (avocate de détenus basques), Anaiz Funosas (présidente de Bake Bidea), Jean-René Etchegaray (président de la CAPB), Txetx (Artisan de la paix).