Les prières impénétrables des anti-IVG

Des manifestants ont alerté du danger que suppose pour la santé des femmes le discours anti-avortement diffusé à l’occasion des prières de rue.

Goizeder TABERNA|2018/02/10 18:15|0 iruzkin
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Prières devant le Monument aux Morts. © Bob EDME

C’est carnaval à Bayonne. Le jour où il est permis de rompre avec l’ordre établi, de tourner en dérision tout type de domination qui, les autres jours de l’année, pèsent sur les citoyens. Simple coïncidence, l’association SOS Tout-Petits a choisi ce jour pour organiser sa prière contre l’IVG et la contraception, dans la rue. Devant les fidèles catholiques rassemblés au pied du Monument aux Morts, ce 10 février, près de 200 personnes se sont réunies, selon les associations, pour s’opposer à la manifestation.

Ce face-à-face n’est pas le premier, à chaque prière de rue, la plateforme de défense du droit à l’IVG se mobilise, mais l’opposition s’amplifie. Et cette fois, le maire de Bayonne Jean-René Etchegaray et ses adjoints Jérome Aguerre et Martine Bisauta l’ont rejointe. J.-R. Etchegaray considère que le préfet a la possibilité de demander aux organisateurs des prières de rue de ne pas en faire. "C’est un message au représentant de l’Etat, il faut être vigilant sur certains glissements. [Ce rassemblement] en appelle à une certaine idéologie condamnée par la loi républicaine", a-t-il déclaré au micro de France Bleu.

Un signe fort salué par les associations qui vont continuer à encourager les élus à faire pression sur les autorités. "Ils ont le droit de penser ce qu’ils veulent, à manifester. Le problème est la désinformation et la manipulation qui mettent en danger la santé des femmes", précise le représentant des Bascos Bernard Gachen. Dans un texte signé par une quinzaine d’associations et de mouvements, les opposants reviennent sur l’argumentaire des catholiques intégristes dont les "propos alarmistes et mensongers tentent de contourner le délit d’entrave à l’IVG".

La chasteté, la fidélité

Devant les manifestants, une vingtaine de fidèles prient à genoux. "Les droits de l’homme contre les droits de Dieu cachent le plus grand massacre de tous les temps : l’avortement" dit leur banderole. Après avoir affirmé que le préservatif ne protège pas véritablement du sida, car poreux, SOS Tout-Petits défend dans ses supports de communication la chasteté, la fidélité, la maîtrise de soi, le respect des autres et le respect de la vie. Elle met en garde contre la libération sexuelle, le "suicide collectif programmé".

Au-delà du débat sur le droit à avorter et à la contraception, la crainte des opposants est que cette manifestation religieuse dans l’espace public masque des groupes d’extrême droite.