L’annonce du rapprochement des prisonniers émane du ministère de la Justice

La chancellerie a communiqué sur le transfert de détenus basques, vers les prisons de Mont-de-Marsan et de Lannemezan, en réponse aux questions d'un journaliste du Diario Vasco et d'El Correo.

Goizeder TABERNA|2018/01/13 16:55|0 iruzkin
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Les colonnes de familles de prisonniers ouvrent traditionnellement le cortège à Bilbo. © Luis JAUREGIALTZO/ARGAZKI PRESS

La délégation basque chargée de résoudre la question des prisonniers s’efforce à mesurer sa communication. Le caractère sensible du dossier oblige une certaine retenue. Cette fois, l’information est partie du ministère de la Justice française et a été publiée dans les quotidiens du groupe Vocento : le gouvernement de Macron a décidé de traiter les demandes "individuelles" de "plusieurs" détenus d’ETA, et appliquera dans les prochaines semaines leurs transferts vers des centres pénitentiaires proches du Pays Basque. Et Jean-Noël Etcheverry, "Txetx", Artisan de la paix, s’est vu obligé de le confirmer, interrogé par Radio Euskadi.

La dernière réunion au ministère, le 27 décembre, avait pourtant abouti à une certaine déception. Les membres de la délégation déploraient "qu'aucune avancée significative n'ait été observée tant sur la question du rapprochement des prisonniers que sur la levée du statut de DPS".

Ce changement pourrait s’expliquer par le fait qu’entre temps, des demandes de prisonniers auraient passé le filtre de l’Administration pénitentiaire, et seraient arrivées sur la table du ministère, suggère Txetx à MEDIABASK. En revanche, il ne s’étend pas sur le nombre de transferts, il préfère attendre de voir. Logiquement, ils concerneraient des hommes, puisque la question de l’accueil des femmes dans les prisons les plus proches du Pays Basque fait encore l’objet de discussions.

Le gouvernement de la Communauté autonome basque, de son côté, a confirmé l'information sur le transfert, s'appuyant sur les contacts qu'il entretient avec le gouvernement français. Il s'est félicité de ces changements "pour lesquels [il] travaille ces derniers mois".

Ce mois de janvier

"On ne savait pas quels seraient les délais de cette procédure, mais nous pensions que les rapprochements se feraient ce mois de janvier et que le retrait du statut de détenus particulièrement signalés se poursuivrait", confie J.-N. Etcheverry. Cet automne, sept prisonniers ont bénéficié de la mesure et, dans les rues de Paris, plus de 10 000 personnes ont réclamé la fin du régime d'exception.

Il insiste, toutefois, sur le fait que la délégation défend l’ensemble des demandes inhérentes aux prisonniers basques, notamment, l’égal accès tant aux remises de peine qu'aux libérations conditionnelles et la prise en compte des prisonniers gravement malades. "Ces voies restent à ouvrir et les autres, nous devons les mener jusqu’au bout dans une perspective plus globale de résolution du conflit", souligne le militant. Il n’envisage pas la possibilité d’une paix durable avec des prisonniers qui seraient libérés en 2057, pour ceux qui ont les peines les plus lourdes, si leur cas n’est pas pris en considération.

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