La perte de terrains agricoles à Cambo en débat au conseil communautaire

Le changement d’affectation de terres agricoles a mobilisé des dizaines de personnes aux portes du conseil communautaire, ce samedi. Elles ont exprimé leurs craintes concernant le futur plan local d’urbanisme de Cambo-les-Bains.

Goizeder TABERNA|2018/01/13 15:35|0 iruzkin
Ber_elb-9
Les manifestants ont distribué des tracts avant le lancement du conseil communautaire. © Nahia GARAT

Une cinquantaine de manifestants se sont donnés rendez-vous à l’heure du café ce samedi matin, devant l’amphi 400 de la faculté de Bayonne. A l’appel du syndicat ELB et Lurzaindia, ils se sont rassemblés afin d’attirer l’attention des élus réunis en conseil communautaire sur la révision du plan local d’urbanisme (PLU) de Cambo-les-Bains. En cause, la perte de terrains agricoles situés à l’entrée de la commune.

Les délégués communautaires étaient invités à se prononcer sur ce document d’urbanise élaboré dans un premier temps par le conseil municipal de Cambo. Un arrêté, aujourd'hui soumis au vote, qui ouvre la voie à l’enquête publique et à la consultation des personnes publiques associées. L’approbation définitive du document viendra ensuite. Après un débat riche, l’assemblée a voté l’arrêté par 109 voix pour ; 48 élus ont exprimé leur opposition et 40 se sont abstenus. Un résultat qui a satisfait les opposants.

La controverse se centre sur le changement d’affectation de 3 hectares aujourd’hui exploités et éloignés du centre-bourg. Françoise Gallois, déléguée d’Ustaritz a mis en avant le besoin de préserver le foncier agricole, freiner la spéculation et suivre les principes de densification des centres recommandés par les pouvoirs publics, pour appeler ses collègues à voter contre l’arrêté. La Communauté d’agglomération Pays Basque (CAPB) ayant la compétence de donner son avis sur le PLU, "ses élus ont des comptes à rendre aux habitants de l’ensemble du territoire", leur a-t-elle rappelé avant de les mettre en garde sur le risque de perdre définitivement ces terres agricoles.

Compétence agricole

Chargé de défendre la voix de la majorité de Cambo, le premier adjoint Christian Devez a regretté "l’appréciation sélective" de l’élue d’Ustaritz. "Dans ce PLU, nous prévoyons davantage de terres agricoles que dans le précédent", a-t-il pointé. Quant aux terrains de la discorde, il a souligné que la moitié de la surface concernée n’est déjà plus classée agricole. Le premier adjoint de Cambo a rappelé le travail réalisé ces dernières années par les élus "dans le respect strict de la procédure".

Le vote en conseil communautaire a été précédé par l’adoption du projet en conseil municipal après une phase de concertation. Cependant, la polémique sur les terrains en question est survenue bien avant cette consultation. Voilà deux ans, la municipalité a tenté de modifier leur destination avant d’être rappelée à l’ordre par la préfecture. Un obstacle pour la majorité qui n’a fait que repousser la décision.

Lors du conseil communautaire, plusieurs élus ont exprimé leur point de vue, parmi eux, Jean-Michel Berra, conseiller à Hendaye et actionnaire de la SCA Lurzaindia, rappelant la prise de la compétence agricole de la Communauté d’agglomération. "Je demande maintenant une volonté politique concernant la question du foncier agricole, a-t-il lancé, pour mettre en cohérence les paroles et les actes".

Moratoire

Seulement, dans les questions de foncier, d’autres paramètres entrent en jeu. "Il faut aussi des logements pour nos jeunes", s’est défendu l’adjoint au maire de Cambo Didier Irastorza, avant de rappeler les obligations légales concernant les logements sociaux. La mise à disposition de terrains pour les entreprises est également un critère mis en avant par la majorité kanboar.

"Les élus [communautaires] ne sont-ils pas censés dépasser le strict périmètre de la commune dans leur réflexion sur les zones d’activités ?" demandent les membres d’ELB et de Lurzaindia. Ils demandent un moratoire sur les PLU, le temps d’une réflexion globale sur la place et la défense du foncier agricole. La prise de la compétence agricole par la CAPB avait été perçue comme un acte fort pour les acteurs du secteur.