L'agglomération Pays Basque se lance à son tour dans l'eusko

Aprés Bayonne, Jean-René Etchegaray proposera dans les prochaines semaines que l'agglomération puisse utiliser l'eusko comme moyen de paiement. Souhaitant faire de la monnaie locale basque un symbole fort contre l'Etat jacobin.

Bénédicte Saint-André|2018/01/12 16:10|0 iruzkin
Guz_etxegarray_eusko_bobedme101
L'affaire, qui oppose l'État et la mairie de Bayonne sur l'eusko, a été très mediatisée. ©Bob EDME

Le maire de Bayonne et président de la Communauté d'agglomération Pays Basque s'est fait incisif dans son allocution concernant la décision de non-lieu dans l'affaire de l'eusko, qui oppose l'Etat à la Ville de Bayonne. Car si la procédure n'a pas abouti, "la question de fond demeure", a-t-il déclaré.

Rappel des faits. Selon la préfecture, qui s'appuie sur un arrêté de 2012, la Ville peut bel et bien encaisser des euskos. En revanche, elle ne pourrait en délivrer sous forme d'indemnités d'élus ou encore de subventions aux associations comme elle souhaite le faire. "On nous propose là un système monétaire unijambiste, cela ne tient pas debout", tance l'édile.

Pour ses avocats, spécialisés dans l'économie sociale et solidaire, l'opération ne pose en effet aucun problème d'ordre juridique. La loi Hamon de 2014, reconnaissant les monnaies locales, abrogerait implicitement l'arrêté.

"Bayonne et le Pays Basque résisteront"

La lecture de Jean-René Etchegaray est donc celle-ci : "Nous constatons dans cette affaire une raideur jacobine, un réflexe centralisateur. Nous ne sommes pas en train de résister à l'Etat-nation, nous appliquons simplement la loi républicaine. Il y a là une façon de remettre en cause la libre administration des collectivités territoriales. Bayonne et le Pays Basque résisteront."

En ce sens, Jean-René Etchegaray proposera dans les prochaines semaines une délibération semblable à la Communauté d'agglomération Pays Basque, ce qui devrait accentuer un peu plus la pression sur les services de l'Etat. Car selon lui, la procédure n'émane pas du gouvernement mais de la technostructure, hyperpuissante, de Bercy.

L'eusko alimente des projets en faveur de l'environnement, de la langue basque, du commerce de proximité et de l'agriculture paysanne. "Le Pays Basque ne va pas battre monnaie ! Qu'on ait la crainte que l'eusko menace l'euro, c'est risible. J'ai le sentiment qu'on veut porter atteinte à cette monnaie locale, qui marche très bien ici, mieux qu'ailleurs."

D'après nos informations, la préfecture n'a pas encore décidé de la suite à donner à l'affaire. Néanmoins, le préfet du département, surnommé "préfet du Béarn" par les élus basques, n'a pas marqué les esprits par sa connaissance du territoire. Selon des proches du dossier, une telle procédure, lancée par la sous-préfète Catherine Séguin avant son départ, n'aurait jamais vu le jour avec ses prédécesseurs Pierre-André Durand ou Éric Morvan. 

ERLAZIONATUTAKO ALBISTEAK