Béatrice MOLLE-HARAN
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Bilbo samedi, et que résonne l’espoir !

Aujourd’hui, 300 citoyens et citoyennes basques sont emprisonnés dans le cadre de dossiers liés au conflit basque

2018/01/11 14:45 | 0 iruzkin

Les deux témoignages présents dans notre hebdo (p. 6-7) sont fort éloquents, ceux de victimes de cinquante années de conflit des deux camps qui au jour le jour ont choisi la reconstruction plutôt que la haine et la vengeance. Une leçon de vie.

C’est leur point commun avec le refus d’instrumentalisation et la démonstration que tout reste possible au pays des humains dotés de raison.

C’est le sens profond de la manifestation qui va se dérouler ce samedi à Bilbo afin d ‘exiger commes premières mesures la fin de la cruelle dispersion des prisonniers basques, la libération de ceux et celles atteints de graves pathologies et l’obtention de libertés conditionnelles. Et ce, conformément à la loi. Car en la matière, il s’agit bien de droits et les politiques d’exception menées à l’encontre des prisonniers basques ajoutent de la souffrance à la souffrance et sont finalement des mesures idéologiques.

Depuis la déclaration par ETA en octobre 2011 de fin définitive de la lutte armée, les initiatives ont été prises, toujours du même côté, avec notamment le désarmement complet de l’organisation armée le 8 avril dernier à Bayonne. Désarmement salué le soir même par Matthias Felk, ministre de l’Intérieur français.

Aujourd’hui 300 citoyens et citoyennes basques sont emprisonnés dans le cadre de dossiers liés au conflit basque. Ils étaient 673 à la fin de l’année 2011 répartis dans 85 prisons. Une baisse s’expliquant par la fin des peines accomplies. Ces 300 prisonniers basques sont aujourd’hui disséminés dans 64 établissements pénitentiaires. Pas besoin d’être expert comptable pour comprendre qu’en sept années, la dispersion s’est accrue, même si le nombre de détenus a baissé. Pourtant l’espérance se doit d’être vivace, la récente déclaration du Collectif des prisonniers politiques basques (EPPK) s’engageant à reconnaitre les souffrances infligées et l’espoir de création d’espaces de dialogues entre les divers protagonistes le permet.

Une espérance vigilante et raisonnable lorsque l’on entend les déclarations de la ministre Jacqueline Gourault chargée du dossier corse expliquer sur CNews que le gouvernement français pense possible le transfert des prisonniers corses, au nombre de vingt, vers l’établissement pénitentiaire de Borgo en Corse. “Le ministère de la Justice étudie au cas par cas la situation des prisonniers incarcérés sur le continent”, a-t-elle expliqué. Une demande de rapprochement qui figurait avec l’amnistie dans le programme électoral des nationalistes corses aux dernières élections territoriales de décembre, remportées avec succès et leur permettant d’obtenir la majorité absolue.

C’est aussi la demande de la délégation du Pays Basque Nord auprès du ministère de la Justice française pour les 60 prisonniers basques incarcérés dans 19 prisons de l’Etat français. Demande soutenue par une majorité des habitants de ce pays, et par sa représentation politique locale et parlementaire.

A l’orée de cette année 2018, tout reste à faire et la partie va se jouer principalement en Pays Basque, comme l’a souligné dans notre interview Ane Muguruza, fille de Josu Muguruza député HB assasiné par le GAL en 1989.

Une partie dont une manche se déroulera ce samedi dans les rues de Bilbo. Une clameur que devront bien finir par entendre Madrid et Paris.

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