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Des péripéties mais de la bonne humeur dans le bus direction Paris

Après que le chauffeur se soit trompé de lieu de rendez-vous, et après moult événements sur la route, les manifestants de Saint-Jean-Pied-de-Port sont arrivés à destination, à Paris, ce 9 décembre.

Xan Idiart|2017/12/09 12:50|0 iruzkin
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Des manifestants montrent l'ikurrina et le drapeau des prisonniers à la fenêtre arrière du bus. ©Xan IDIART

Les manifestants qui devaient se rendre à Paris depuis Saint-Jean-Pied-de-Port pour la manifestation du 9 décembre se rappelleront longtemps de ce voyage. Première erreur de la compagnie de bus, avoir confondu la capitale bas-navarraise (Donibane-Garazi) avec Saint-Jean-de Luz (Donibane-Lohitzune). Le rendez-vous est donc finalement donné à Bayonne, place Saint-André, au dernier moment, vers minuit trente. Dans la précipitation, un homme manque de se faire écraser par la marche arrière d'une voiture.

Mais l'humour est au beau fixe chez les manifestants. "Autant le prendre du bon côté" rigolent certains d'entre eux, "d'autant que c'est pour la bonne cause". De l'humour, il leur en a fallu. En pleine nuit de décembre, le bus n'est pas bien chauffé. Tout le monde dort avec sa veste. "Qu'est ce qu'il fait froid..."

Quand la plupart des personnes réussissent finalement à s'endormir ou du moins somnoler, le car roule violemment dans un trou. L'ébranlement du véhicule réveille tout le monde. Après plusieurs minutes pour savoir si une roue est crevée, il repart accompagné par les chants des manifestants qui gardent le sourire.

“C'est la fête”

Les chants, il y en a encore lors de l'entrée dans Paris du car. "Oh, regarde l'Elysée!". "Et là, Stéphane Bern !” s'amusent à se piéger les jeunes. Pour beaucoup, c'est la première fois qu'ils se rendent dans la capitale française. Deux trois irrintzina fusent et le chauffeur se perd encore. Mais cette fois, dans les rues parisiennes.

L'excitation est à son comble. Surtout lorsque finalement, les personnes déjà sur place sont aperçues de la fenêtre. Les txalaparta, trikititxa et gaita rythme le boulevard Montparnasse de musique basque. "C'est la fête", s'exclame une jeune fille devant ses amies. Elle imaginait certainement quelque chose de plus austère.

Finalement, après 13 heures de voyage, tout le monde sort du bus. Des slogans en faveur des prisonniers leur sortent naturellement de la bouche. Certains passants les regardent interloqués. Peu importe, aujourd'hui, pour un laps de temps de trois heures, une partie de Paris est à eux, aux Basques.

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