Le désarmement d'ETA, un modèle basque

Le Forum social permanent a tenu une conférence à Aiete ce mercredi 20 septembre pour faire le point sur le désarmement d'ETA du 8 avril à Bayonne. Il a présenté son rapport sur le "modèle basque". Celui-ci sera diffusé à l'échelle internationale par la Fondation Berghof. Le défi est maintenant de compléter un processus DDR.

Mediabask|2017/09/21 11:44|0 iruzkin
Aiete
Le Forum social permanent a organisé une conférence sur le désarmement d'ETA, ce mercredi, à Aiete. (Idoia ZABALETA/ARGAZKI PRESS)

Presque six mois après la fin du désarmement d'ETA à Bayonne, le Forum social permanent a présenté son rapport "Le modèle basque de désarmement : leçons tirées d'un processus innovateur" (voire PDF associé) à Aiete ce mercredi. Un rapport qui évalue les principes établis à l'échelle internationale pour le DDR. Cette étude sera diffusée par la Fondation Berghof dont la représentante Veronique Dudouet, experte dans la résolution des conflits, est intervenue à Aiete. Le cas basque avait également été mentionné lors du forum sur les processus de paix à Oslo.

La première conclusion est que "le désarmement a été accompli en dépit du caractère unique du processus" qui a reposé sur l'unilatéralité puisque l'État espagnol n'a pas été complètement impliqué. Ce dernier a au contraire "essayé par tous les moyens d'arrêter et d'éviter tout processus de désarmement qui n'impliquait pas de se rendre". Contrairement à cela, l'une des valeurs du modèle de désarmement basque (contrairement à ce que le texte appelle "modèle anti-espagnol"), tient au fait que "les scénarios des gagnants et des perdants ont été évités". Il est ajouté que le processus a été "efficace et sûr, au moins à la fin, malgré des moments difficiles".

Comme facteur clé qui a permis son point culminant, "la participation de la société civile à des niveaux très différents, y compris opérationnel" est mentionnée. Ainsi, alors que d'autres processus de désarmement dans le monde se sont basés sur une négociation entre les parties ou se sont faites au niveau des plus hautes sphères des États, le rapport indique : "Nous pouvons dire que cela a été un cas d'appropriation basque (société basque, politiques et institutions locales impliqués)."

Un caractère politique

Une autre des conclusions, qui pourrait passer inaperçue, est le "caractère politique" de ce processus. "La pertinence de la politique dans le processus de désarmement, la pertinence de la participation de la société civile dans ces processus, aussi publique que possible, et la pertinence de la participation internationale sont des leçons qui pourraient être retenues" a-t-il dit.

Au nom du Forum, Agus Hernán et Anaiz Funosas ont exprimé leur satisfaction et ont apporté quelques détails inconnus à ce jour. Comme la participation des employeurs Confebask. Cette conférence ferme le groupe de travail sur le désarmement du Forum. Trois autres sont opérationnels : la mémoire et la coexistence, la réintégration des prisonniers et les droits de homme.

Une lettre de Ram Manikkalingam, président de la Commission internationale de vérification, désormais dissoute, a également été publiée. Dans celle-ci, il souligne la "ténacité" de la société basque et de ses institutions, et espère voie les autres conséquences du conflit se résoudre.