L’abbé Sarramagnan condamné à six mois de prison avec sursis

Accusé d'attentat à la pudeur sur un mineur de moins de quinze ans, le tribunal correctionnel de Bayonne a condamné mardi soir l'abbé Jean-François Sarramagnan à une peine de six mois de prison avec sursis.

Mediabask|11/09/2018 22:05|0 comentarios
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L'abbé Sarramagnan a comparu mardi 11 septembre devant le Tribunal de Bayonne. © Isabelle MIQUELESTORENA

Six mois avec sursis. C'est la peine prononcée par le tribunal de Bayonne ce mardi soir, au procès de l'abbé Jean-François Sarramagnan, condamné pour attentat à la pudeur sur un mineur de moins de quinze ans, son propre neveu. Une peine à laquelle l'accusé s'attendait, et qu'il a acceptée.

Dénoncé en septembre 2015 par son ancienne belle-sœur, l'abbé Sarramagnan a été condamné pour des faits qui remontent à 1990. Cette année-là, il accompagne en Pologne son neveu, alors âgé de onze ans, avec qui il partage la même chambre d'hôtel. Le prêtre procède alors à des frottements sexuels sur son neveu, à travers les vêtements. Le tribunal précisera qu'une première enquête le visant déjà pour des relations qu'il aurait eues avec deux sœurs avait été classée sans suite.

Le procureur de la République, Samuel Vuelta Simon, estime qu'il n'y a aucun risque de récidive, étant donné que le prêtre ne fréquente plus d'enfants et n'a pas revu son neveu depuis 2003. Il précise également que l'abbé Sarramagnan s'est confié, peu après les faits, à son propre frère au sujet des actes qu'il a commis. Il en a également parlé à son évêque, à l'époque Monseigneur Molères. Ni son frère ni l'évêque n'ont jamais dénoncé les faits. "Finalement, le seul à ne pas avoir gardé le silence, c'est M. Sarramagnan", plaidera l'avocate, Laurence Hardouin, après avoir demandé le huis-clos de l'audience, en vain.

C'est en 2015, alors qu'elle vient de divorcer de son mari (le frère de l'abbé Sarramagnan), que l'ancienne belle-soeur du prêtre signale les faits et décide de porter plainte, rappelle l'avocate L. Hardouin, dans un contexte de scandale de pédophilie qui secoue alors le diocèse de Lyon. Le juge, de son côté, rappelle que la victime, le neveu du prêtre, n'a à aucun moment souhaité porter plainte, ni se porter partie civile, ni même évoquer les faits.

L'avocate décrit l'abbé Sarramagnan comme un homme fragile, rongé par la culpabilité depuis le début, et qui l'a conduit par deux fois à tenter de mettre fin à ses jours. A la fin du procès, l'abbé Sarramagnan répètera à plusieurs reprises combien il regrette profondément les actes qu'il a commis, acceptant même l'éventualité d'une peine de prison. Le procureur finira par requérir une peine de six mois de prison avec sursis, et sera donc suivi par le juge.

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