“Je suis une victime collatérale”

Il s'appelle François Berland, a 36 ans et habite au Pays Basque. Correspondant pour MEDIABASK depuis peu après une formation de journaliste, il reçoit depuis 24 heures un déversement de haine et d'insultes sur les réseaux sociaux. La raison ? Les propos de l'acteur François Berléand sur une chaîne de radio, à propos des Gilets jaunes. Son homonyme à une lettre près, lui, n'a pas de compte twitter.

Antton Etxeberri|10/02/2019 14:50|0 commment
Berland
François Berland, victime d'une déferlante sur son compte twitter

Que vous arrive-t-il depuis samedi ?

J'ai eu vent d'une interview de l'acteur François Berléand sur RTL, où il analysait avec sa vision des choses le mouvement des Gilets jaunes. Au départ, sur Twitter, je recevais des messages me remerciant d'avoir pris la parole pour dire ce que je pense du mouvement, ces personnes se trompant, comme souvent, en me nommant moi et non l'acteur. Mais dans la soirée, la haine s'est emparée de certains et j'ai reçu des messages violents de personnes se trompant elles aussi d'interlocuteur.

Connaissez-vous votre presqu'homonyme François Berléand ?

A vrai dire, non, juste comme cela, dans les médias, à travers ses films. Mais pas de manière frontale.

Avez-vous déjà rencontré une telle situation liée à sa personne ?

C'est la première fois que je reçois de tels messages. D'habitude, quand il passe à la télévision, je reçois des félicitations de personnes qui ont admiré ses films ou ses prestations théâtrales. Mais depuis samedi, on est passé un cran au-dessus.

Quelle est la teneur des propos que vous recevez sur votre compte twitter à la place de François Berléand ? Qu'est-ce que cela vous inspire ?

Ca tourne à l'insulte. On me pisse dessus, voire pire encore, avec de la scatophilie... On me traite de connard, de fils de p... et que je dois regarder mon compte en banque... De la poésie à l'état pur... Twitter est devenu depuis plusieurs années un déversoir de haine où les gens, derrière un pseudo, se permettent d'insulter gratuitement les autres. Sans filtre, on en est arrivé à un point de haine terrible. A l'image de cette société où les réseaux sociaux ont tronqué le réel. Les gens sont pervertis et ne se rendent pas compte des dangers que cela peut engendrer.

En tant que journaliste, comment vivez-vous le fait de vous retrouver interviewé par des médias concernant une méprise que vous ne pouvez contrôler car amplifiée par les réseaux sociaux ?

Franchement, je ne m'attendais pas à cela. D'habitude, je suis derrière le dictaphone ou le calepin, et là, je me retrouve en première ligne, alors que je n'ai rien demandé. J'aspire à faire mon travail de la meilleure des manières, sans avoir à songer que la haine peut se profiler derrière.

Quelle lecture faîtes-vous de ce qui vous arrive depuis hier ?

Cela ne m'atteint pas directement. Je suis une victime collatérale, mais même après avoir fait une mise au point sur mon compte twitter, j'ai reçu d'autres messages haineux de la part de twittos cachés derrière leur écran. J'en conclus qu'ils ne lisent que ce qu'ils veulent, et ne font pas semblant du tout. C'est consternant.