“C’était le plus ancien élément du patrimoine civil bayonnais”

Réunis au bar du Palais, en face de l’ancien tribunal situé rue d’Espagne, les trois groupes d’opposition bayonnais ont exprimé leur profond regret quant à la décision de justice confirmant la vente du bâtiment public à un promoteur privé, la SCI La Galerie du Palais.

Anaiz Aguirre Olhagaray|09/02/2019 14:05|0 commment
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La place Lacarre, à l’arrière du bâtiment, devient privée également. © Isabelle MIQUELESTORENA

C’est dans cet édifice historique qu’avait démarré la célèbre affaire Stavisky, rappelle Henri Etcheto. "Rude" et "définitive" est la décision confirmant la vente de l’ancien palais de Justice. Un "crève-cœur", pour les élus de Bayonne Ville Ouverte, Baiona 2014 et Bayonne Demain. Le recours qu’ils ont déposé pour contester la privatisation du bien public a été rejeté le 18 janvier dernier. Déclassé, le bâtiment passera donc bien entre les mains des promoteurs privés Olano et Avril, alias SCI La Galerie du Palais. Les opposants regrettent la perte du "plus ancien élément du patrimoine civil bayonnais" et dénoncent un déni de démocratie dans le processus qui a conduit à la vente de l’édifice.

Pour Jean-Claude Iriart, la décision est "grave", les conséquences "irrémédiables". Cette privatisation "enlève aux générations futures leur capacité d’aménager". Une délibération d’autant plus contestable qu’"il est toujours possible de mettre en œuvre des projets sans privatiser. Les montages juridiques existent pour déployer une activité privée dans un lieu public".

Les habitants n’ont pas été consultés

Il ne s’agit pas de "n’importe quel" édifice, estime Henri Etcheto. Il lui semble "symbolique de se dessaisir de ce lieu". Selon lui, il y a eu un "déni de démocratie", rappelant que "ce projet n’était pas inscrit au programme de Jean-René Etchegaray". Il n’y a "pas eu de contrat passé avec les électeurs", pas plus qu’il n’y a eu une consultation auprès des habitants. "L’opposition a été tenue à l’écart, il n’y avait pas de transparence, mais de l’opacité". Pour Sophie Herrera, le dossier a été traité "dans une grande précipitation".

Tous les élus d’opposition s’accordent à dire que leur mandat de conseiller municipal a été difficile à tenir dans ces conditions, et qu’ils ont activé de façon très inhabituelle le recours juridique. Une démarche "humainement et personnellement pas neutre", et coûteuse financièrement (entre 15 000 et 17 000 euros de frais de justice ont dû être déboursés). Avec en prime, des "menaces" et des "intimidations" de la part des promoteurs. Même s’ils ne se sont pas prononcés à ce sujet, les élus d’opposition peuvent faire appel contre le rejet de leur recours jusqu'au 18 mars.