L’Athletic Bilbao couve une pépinière à l’Aviron Bayonnais

Football • Depuis dix ans, le club bizkaitar intervient dans la formation de jeunes joueurs au sein de l’Aviron Bayonnais. Un moyen direct d’élargir sa zone de recrutement.

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Les jeunes de l'Aviron Bayonnais Football Club s'entraînent sous le regard des éducateurs bizkaitar. © Bob EDME

Ils s’appellent Aymeric Laporte (Manchester City), Maecky Lubrano (Aviron Bayonnais), Julien Gutierrez (Arin Luzien), Alexis Carvalho ou encore Mathys Lunel (Athletic Bilbao U18). Leur point commun ? Tous sont passés dans les rangs de l’Aviron Bayonnais Football Club avant de porter le maillot de l’Athletic Bilbao dans les catégories jeunes. La passerelle est simple. Par le biais d’une convention signée par les deux clubs, une fois par semaine, deux éducateurs viennent de Bilbo encadrer l’entraînement de jeunes joueurs. “Ils dirigent les entraînements des catégories U11 à U13, un petit groupe de 14 joueurs par semaine. Ils mettent une autre intensité, insistent sur le jeu balle au pied et beaucoup sur la technique”, explique le jeune entraineur de l'Aviron Bayonnais en charge des relations entre les deux clubs.

Depuis dix ans déjà, Mikel Busto et Alvaro Perez, travaillent pour faire progresser les jeunes de l’Aviron Bayonnais. L’entraînement d’une heure et demie se déroule dans le calme et la discipline au son des “Lève la tête ! ou Allez plus vite !”. Chaque jeune joueur vêtu d’une tenue fournie par les Rojiblanco connaît l’enjeu. Un club professionnel les observe. Car repérer un futur champion et le faire signer à Bilbo, tel est le sens de la démarche du club bizkaitar. “Discipline, rythme, intensité, nous reproduisons les conditions d’entraînement que nous avons à Lazema, à Bilbo, explique Mikel Busto. Les deux clubs s’aident mutuellement à grandir. Si nous choisissons un joueur, c’est pour l’inscrire dans la continuité et qu’il vienne en toute sécurité à Bilbo.”

Aujourd’hui, certains jeunes joueurs vont parfois faire des essais durant les vacances scolaires à Bilbo pour participer à des matchs avec coéquipiers basques. C’est le cas de Martin Tortigue, milieu de terrain de 13 ans : “Rien n’est laissé au hasard, le foot au Sud, c’est plus à la lettre. Lors des entraînements, je donne de mon mieux, je suis très concerné car je sais que c’est très dur d’arriver au plus haut niveau”. La preuve, les joueurs recrutés par ce biais et professionnels aujourd’hui se comptent sur les doigts d’une main. “C’est de plus en plus difficile de sortir les meilleurs joueurs, la concurrence est dure d’autant plus que le réservoir est vraiment petit pour notre club”, poursuit Mikel Busto. La référence à la politique de recrutement de Bilbo est nécessaire pour comprendre l’origine de ce partenariat. En faisant le choix de recruter uniquement des joueurs basques, l’Athletic Bilbao doit évidemment regarder outre Bidassoa pour trouver les meilleurs. D’autant plus que le Pays Basque Sud compte quatre clubs professionnels évoluant au plus au niveau (Real Sociedad, Deportivo Alavés et S. D. Eibar) et recruteurs de jeunes talents.

“Leur expertise aide notre club à grandir. Par exemple, des éducateurs ont pu aller se former et observer les méthodes d’entraînement à Bilbo. Nos équipes jeunes sont meilleures et elles évoluent toutes au meilleur niveau régional”, détaille Lausséni Sangaré, le président de l’Aviron Bayonnais Football Club, très honoré d’avoir pour “grand frère bienveillant” un club aussi emblématique que l’Athletic Club de Bilbao.