Le Collectif des prisonniers relance Paris

En pleine campagne des Artisans de la paix pour faire avancer le dossier des prisonniers basques, le collectif EPPK annonce de nouvelles initiatives. Parmi elles, le renouvellement des demandes individuelles de rapprochement.

MEDIABASK|01/11/2017 10:10|0 commentaires
Guz_sare_etxerat_prisons_tour_baiona_imiquelestorena06
De Mont-de-Marsan à Paris, le Tour de France des prisons reliera huit villes. © Isabelle MIQUELESTORENA

Le Collectif des prisonniers politiques basques (EPPK) a désigné sa nouvelle direction. Ce n’est pas la seule annonce faite dans son dernier communiqué reçu par le quotidien Gara et publié ce mercredi. Afin d’accompagner la campagne en cours des Artisans de la paix, le collectif avance que ses membres présenteront à nouveau des demandes de rapprochement.

A partir du 16 novembre, date du départ du "Tour de France des prisons" lancé par les mouvements de défense des prisonniers basques, tous les membres du collectif se trouvant en sol français comme en territoire espagnol renouvelleront leurs demandes individuelles. Ils l’avaient formulée une première fois à partir de 2014. A l'époque, les socialistes étaient au gouvernement dans l'Etat français. Cette fois, ils le font dans un autre contexte, alors qu’ETA s’est désarmée le 8 avril dernier et qu’un espace de travail s’est ouvert entre l’exécutif d'E. Macron et des représentants de la société basque.

Au fur et à mesure que la caravane solidaire avancera, les détenus organiseront des mobilisations dans les centres pénitentiaires concernés. Jeûnes, courriers envoyés à destination de la population du Pays Basque afin d'informer sur leur situation précise, leur condition d'incarcération, ces initiatives auront comme objectif d'alerter sur la nécessité de leur rapprochement.

Du 16 au 19 novembre les détenus de Mont-de-Marsan, Lannemezan et Muret lanceront le mouvement ; du 19 au 22, ceux de Tarascon et Arles ; du 22 au 24, ceux de Roanne et Moulins ; du 24 au 29, ceux de Châteauroux, Saint-Maur, Uzerche, Poitiers et l'Île de Ré ; du 29 au 4 décembre, celles de Rennes ; du 5 au 9 ceux d'Alençon, Clairvaux, Osny, Poissy, Réau, Fleury-Mérogis et Fresnes. Et le 9 décembre, informe le communiqué, ils ne recevront pas de visite pour que leurs proches puissent se rendre à la manifestation de Paris.

Fin d'un processus

Ces initiatives destinées à sensibiliser le gouvernement français sur leur sort interviennent à la fin d’un processus de réflexion interne du collectif. Ses conclusions avaient été rendues publiques en juillet dernier et le dernier communiqué lui a permis de présenter sa nouvelle direction aux acteurs institutionnels, politiques, sociaux et à la population basque en général.

Elle a été élue par ses membres et est composée de huit personnes, réparties de façon égale entre les Etats français et espagnol. Aux six membres déjà désignés en 2012, s’ajoutent Iratxe Sorzabal et David Pla, arrêtés en septembre 2015 à Baigorri. Depuis son incarcération, ce dernier occupait la fonction d'interlocuteur d'ETA pour la résolution du conflit. Le groupe, à présent désarmé, mène ces derniers mois une réflexion sur son avenir.


La nouvelle direction d'EPPK

Dans l’Etat français : Marixol Iparragirre, Iratxe Sorzabal, Mikel Albisu et David Pla (première ligne).
Dans l’Etat espagnol : Ainhoa Mujika, Anabel Egues, Jon Olarra et Josetxo Arizkuren (seconde ligne).